Un businessman nommé Sarkozy ?

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Un businessman nommé Sarkozy ?
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Selon Mediapart, il chercherait à créer un fonds d'investissement. Son entourage dément.  

• Le projet. "Je fais ça pendant cinq ans, et ensuite, je pars faire du fric comme Clinton". Ainsi parlait Nicolas Sarkozy en 2008, selon des propos rapportés par Le Point. Et selon les informations de Mediapart (article payant), l'ancien président sera bientôt un businessmann à temps plein. Nicolas Sarkozy chercherait en effet à créer un fonds d'investissement. Pour ce projet qui n'en est encore qu'au stade des prospections, l'ancien président afficherait une certaine ambition avec l''objectif de rassembler un milliard d'euros. Dernier élément à retenir et qui pourrait faire polémique : ce fonds d'investissement serait installé de l'autre côté de la Manche, à Londres.

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• Quel genre de fonds ? Selon les informations de Mediapart, la société serait spécialisée dans le "private equity", c'est-à-dire l'investissement de sociétés non côtées, "l'une des activités parmi les plus rémunératrices pour leurs dirigeants", croit savoir le site d'investigations. Son ancien conseiller, Alain Minc, l'aiderait dans ce projet.

Nicolas Sarkozy à Doha le 11 décembre (930x620)

© REUTERS

• Des conférences "prétexte". Selon Mediapart, Nicolas Sarkozy profiterait de ses conférences à travers le monde pour prospecter afin d'alimenter ce futur fonds d'investissement. "Les conférences qu’il a commencé à donner depuis l’automne dernier sont le prétexte pour nouer des contacts confidentiels et démarcher de potentiels investisseurs", affirme le site d'investigations, en se basant notamment sur des sources anonymes de la brigade financière. Par exemple, lors de son déplacement à Singapour, début novembre, l'ancien président aurait établi des contacts avec des dirigeants de Temasek, qui est l'un des deux fonds souverains de l'Etat, en leur proposant d'investir 200 millions d'euros dans son futur fonds. Une initiative qui aurait cependant échouée, selon Mediapart.

• Son entourage dément … en partie. Contacté par Le Figaro, l'entourage de l'ancien président dénonce des "constructions intellectuelles". "Il a reçu beaucoup de propositions mais ne s'est engagé dans aucune d'entre elles", a déclaré un proche de l'ancien président à Reuters. "Il a mille contacts et n'a rien décidé de ce qu'il allait faire", a renchéri Alain Minc, interrogé par Le Figaro. "Il est absurde d'imaginer qu'il pourrait s'installer à Londres et cesser de payer ses impôts en France", ajoute encore l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.

conseil constitutionnel MAXPPP 930620

© MAXPPP

• Incompatible avec la fonction de Sage. Si la création d'un fonds d'investissement venait à se concrétiser, Nicolas Sarkozy ne pourrait plus siéger au Conseil constitutionnel en sa qualité d'ancien président de la République. "Car il y aurait incompatibilité", affirme le constitutionnaliste Guy Carcassonne, contacté par Europe1.fr. Ces cas d'incompatibilités professionnelles sont énumérés à l'article LO146 du Code électoral et sont valables aussi bien pour les membres du Parlement que pour les membres du Conseil Constitutionnel. "Sont incompatibles les fonctions de chef d'entreprise, de président de conseil d'administration, de président et de membre de directoire, de président de conseil de surveillance, d'administrateur délégué, de directeur général, directeur général adjoint ou gérant exercées dans les sociétés ayant exclusivement un objet financier", peut-on lire à l'alinéa 2 de l'article LO146. Or, un fonds d'investissement relève par définition de cette catégorie d'entreprises.