Un appel "sur ordre du président"

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Un appel "sur ordre du président"
@ Europe 1
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L'avocat de Dominique de Villepin, Me Metzner, estime que l’Elysée est intervenu.

Depuis l’appel du jugement du procès Clearstream, interjeté vendredi par Jean-Claude Marin, procureur de Paris, le camp de Dominique de Villepin n’en démord pas : la décision vient des plus hautes sphères de l’Etat. Olivier Metzner, l’avocat de l’ex-Premier ministre, l’a répété vendredi sur Europe 1. "Dans un dossier où le président de la République était partie civile, où un témoin majeur se trouve être le garde des Sceaux, est-ce que vous imaginez qu’un homme nommé par le pouvoir politique, quelles que soient ses qualités, puisse prendre la décision de faire appel sans avoir l’accord de sa hiérarchie dont il dépend constitutionnellement?", s’est-il interrogé.

Pour autant, Olivier Metzner s’est montré confiant quant à l’issue du second procès. "Le jugement est tellement bien argumenté…", a-t-il estimé. "326 pages extrêmement détaillées, qui évoquent toutes les hypothèses possibles et ferment toutes les portes… Ce jugement est bien fait et je pense que la cour d’appel suivra cette argumentation, parce que le tribunal a longuement réfléchi."

"Une innocence longtemps bafouée"

En multipliant les déclarations dans les médias, Dominique de Villepin ne s’est-il pas précipité, sachant qu’un appel pouvait toujours survenir? "Nous savions qu’il pouvait y avoir un appel. Mais ça n’enlevait pas de valeur que ce soit à une relaxe prononcée au nom du peuple français par la justice française", a répondu maître Metzner. "C’était la moindre des choses de prendre acte de cette innocence longtemps bafouée par Nicolas Sarkozy, même depuis New York", a-t-il asséné, en référence au lapsus du chef de l’Etat, qui avait parlé des "coupables" du procès Clearstream au lieu des "prévenus".

C’est d’ailleurs le principal grief que l’avocat adresse au président de la République. "Dans la mesure où il donne un ordre au parquet, c’est son droit constitutionnel. Ce qui n’est pas son droit, c’est, en tant que président de la République et en tant que président du Conseil supérieur de la magistrature, d’intervenir depuis New York pendant l’audience pour dire : "Villepin est coupable". Ça, il n’avait pas le droit de le faire", a-t-il martelé.