UMP : Gélard, Copé et le "coup monté"

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UMP : Gélard, Copé et le "coup monté"
Quatre mois après avoir proclamé Jean-François Copé président de l'UMP, Patrice Gélard parle maintenant d'un complot ourdi par le député-maire de Meaux.@ MaxPPP
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Le président de la Cocoe accuse Jean-François Copé d’avoir comploté pour l'emporter.

La phrase choc. "On ne m'enlèvera pas de l'idée que c'est un coup monté". Celui qui prononce cette phrase au sujet de l’élection ultra-controversée de Jean-François Copé à la tête de l’UMP n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Patrice Gélard, président de la Commission de contrôle des opérations électorales (la célèbre Cocoe) de l’UMP, l’instance même qui a déclaré vainqueur le député-maire de Meaux. C’est dans le livre Le coup monté où les auteurs, les journalistes Bruno Jeudy et Carole Barjon, décrivent les coulisses du duel Copé-Fillon, que le sénateur de Seine-Maritime lâche cette véritable bombe.

Les voix d’outre-mer sciemment oubliées ? Petit retour en arrière. Le lundi 19 novembre, au lendemain de l’élection, et alors que les deux candidats ont revendiqué la victoire, Patrice Gélard proclame Jean-François Copé vainqueur avec 98 voix d’avance sur François Fillon. Deux jours plus tard, il reconnaît "l'oubli" de trois fédérations d'outre-mer dans le décompte des résultats. Un oubli qui, reconnaîtra-t-il ensuite dans un communiqué, "aboutirait vraisemblablement à une inversion du résultat final". Un oubli qui, affirme-t-il désormais, aurait été intentionnel.

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Copé sur le banc des accusés. Qui serait alors, selon lui, responsable de ce "coup monté"? Dans Le coup monté, Le doyen Gélard lâche les noms de "Jérôme Lavrilleux" et "Eric Césari", respectivement directeur de cabinet de Jean-François Copé et directeur général de l'UMP. Puis, après un silence, le sénateur précise sa pensée en soulignant que les deux hommes sont "tous deux dévoués à leur chef Copé auquel ils obéissent". Une mise en cause implicite de l'actuel président de l'UMP.

"J’ai été enfumé !" Au cours de cet entretien avec les journalistes Bruno Jeudy et Carole Barjon, Patrice Gélard reconnaît quelques torts, mais se dédouane dans l’ensemble. "On n'avait pas assez de moyens matériels et l'équipe mise à notre disposition était insuffisante", plaide ce professeur de droit. L’élu de Seine-Maritime assure avoir "demandé trois fois les PV des trois départements d'outre-mer". "Chaque fois, on m'a répondu: ‘pas de problème, ils sont comptabilisés avec les résultats Français de l'étranger et d'outre-mer’". Il n'a pas alors insisté et dit s'en vouloir aujourd'hui. "J'aurais dû additionner moi-même les voix des Français de l'étranger et celles des fédérations d'outre-mer", admet-il. "Mais je n'ai jamais eu le listing complet avec la totalité des fédérations", se plaint-il encore. Et de conclure : "J'en ai marre d'être le bouc émissaire de quelque chose qui m'a échappé. J'ai été enfumé !".

Gélard dément, les journalistes persistent. Dans un communiqué à l'AFP, le sénateur de Seine-Maritime a nié "formellement avoir tenu tous les propos mettant en cause M. Copé" et deux de ses proches affirmant que ces "paroles ont été déformées par les journalistes", auteurs de l'ouvrage, et qu'il "envisage de donner une suite judiciaire à cette affaire".  De leur côté, les journalistes Bruno Jeudy et Carole Barjon ont de leur côté réaffirmé la véracité des citations et du déroulement précis de leur entretien avec Patrice Gélard, tel qu'ils l'ont rapporté, se disant prêts à prouver leur bonne foi en justice.

Rien de nouveau pour Fillon. Sur Europe 1 vendredi matin, François Fillon a affirmé qu'il n'y avait "rien de nouveau" dans ce livre, car il a "toujours dit" que le résultat de l'élection à l'UMP en novembre 2012 lui avait donné "une très courte victoire". Interrogé sur Europe1 sur ce livre, l'ancien Premier ministre a répondu: "il n'y a rien de nouveau, c'est ce que j'ai toujours dit. Le résultat de cette élection me donnait une très courte victoire". "Il a été inversé dans des conditions inacceptables, c'est pour ça que j'ai déclenché la crise qui a eu lieu à l'UMP que j'ai regrettée par ailleurs, parce que c'est jamais une bonne chose, une crise", a-t-il ajouté.