Organigramme de l'UMP : Sarkozy, l'équilibriste

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Organigramme de l'UMP : Sarkozy, l'équilibriste
@ Reuters
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L'essentiel du nouvel organigramme du parti a été constitué cette semaine. Nicolas Sarkozy a soigné les équilibres internes, mais à l'UMP, certains ne sont pas dupes.

"C'est une semaine réussie pour l'UMP. Ça n'arrive pas si souvent que ça", sourit Eric Woerth. Le député de l'Oise et ancien ministre est plutôt satisfait de la façon dont Nicolas Sarkozy a bouclé l'essentiel du nouvel organigramme du parti. Bien qu'il ait été largement élu à la tête du parti, l'ancien chef de l'Etat avait une tâche compliquée : composer une équipe sur laquelle il ait suffisamment de prise, tout en ménageant les sensibilités. Le résultat : un organigramme dans lequel les sarkozystes sont prééminents, mais qui fait tout de même de la place aux autres écuries.

Incontestablement, les fidèles de l'ancien chef de l'Etat se taillent la part belle des postes les plus opérationnels du parti. Frédéric Péchenard, le "grand flic" qui était son directeur de campagne, sera directeur général de l'UMP nouvelle version. Le député Daniel Fasquelle devient le trésorier du parti, poste très exposé depuis l'affaire Bygmalion. Quant à Christian Estrosi, il présidera la commission nationale des investitures.

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UN TANDEM INCERTAIN

Aux deux postes les plus en vue, Nicolas Sarkozy a placé un tandem très antagoniste. Après de longues négociations, Nathalie Kosciusko-Morizet a finalement été nommée vice-présidente déléguée et "numéro 2 du parti". Elle sera également chargée de la refonte des statuts, des relations avec les autres partis et de la stratégie électorale. Autant de lots de consolation pour n'avoir pas obtenu le poste stratégique de secrétaire général, qui échoit à Laurent Wauquiez. Toute la question est de savoir si les deux rivaux, qui s'étaient ralliés à Sarkozy pour la présidence de l'UMP, ne menaceront pas l'édifice par des querelles internes.

wauquiez  NKM

"Nicolas Sarkozy n'a pas été ingrat : les gens qui l'ont soutenu sont récompensés", commente le député Julien Aubert, qui soutenait Bruno Le Maire. "Et en même temps, il a pris soin d'externaliser le sujet de la primaire". Le patron de l'UMP a en effet confié à un proche de Le Maire, le député Thierry Solère, la présidence d'un "groupe de réflexion sur l'organisation des primaires". Un groupe auquel participeront notamment Edouard Philippe, fidèle d'Alain Juppé, ou Bernard Accoyer, soutien de François Fillon. Les prétendants à l'investiture présidentielle sont donc théoriquement servis.

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Vendredi, Nicolas Sarkozy a aussi nommé quatre secrétaires généraux adjoints, là aussi en ménageant les clans. Le député Edouard Courtial, copéiste rallié à Nicolas Sarkozy, sera en charge de la formation. Gérald Darmanin, porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy mais soutien de Xavier Bertrand pour la primaire, s'occupera des élections. Et deux fillonistes, le député Eric Ciotti et la sénatrice Sophie Primas seront respectivement en charge des fédérations et des adhésions.

Mais à force de vouloir contenter tout le monde, Nicolas Sarkozy ne prend-il pas le risque que les responsables se tirent dans les pattes ? "C'est un point faible de l'organisation", souligne un député UMP. "Par exemple, sur le sujet des élections régionales, plusieurs personnes de sensibilités différentes sont susceptibles d'intervenir : Pécresse parce qu'elle est en charge de leur coordination, Estrosi parce qu'il préside la commission des investitures, Wauquiez parce qu'il est secrétaire général, NKM parce qu'elle est en charge de la stratégie électorale…"

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"L'ORGANIGRAMME, C'EST DU PIPEAU"

D'autres estiment carrément que la démarche de Sarkozy s'apparente plus à une séance de décoration. "L'organigramme, c'est du pipeau. Sarkozy prendra toutes les décisions seul", assure un cadre influent. Un pronostic qui rejoint celui d'un sarkozyste cité par Le Point : "il va les enfermer dans des réunionnites, les noyer dans des machins auxquels il ne participera pas lui-même, bref, il va les occuper avec des trucs inintéressants".

Sarkozy, le retour de l'hyperprésident ? "Contrairement à l'élection de 2012, ce n'est pas un 'ticket' qui a été élu, mais une seule personne, qui dispose donc seul de la légitimité", rappelle Eric Woerth. "Il y a un chef élu, il va cheffer", résume Julien Aubert. Même si on imagine que derrière Nicolas Sarkozy, certains ne pourront pas s'empêcher de remuer dans les rangs.

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