TVA : Copé seul contre le gouvernement

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TVA : Copé seul contre le gouvernement
@ MAXPPP/REUTERS
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Le patron de l’UMP plaide pour une hausse de la TVA. Fillon et Lagarde ont dit non.

Augmenter la TVA pour faire baisser les cotisations sociales, telle est la nouvelle "bonne idée" lancée par Jean-François Copé dans l’édition du Parisien de mardi. "Il faudrait baisser les cotisations sociales, qui ne sont payées que par quelques-uns, et faire un transfert sur la TVA, qui est elle payée par tout le monde", recommande le secrétaire général de l’UMP, dans un entretien accordé au quotidien.

"Un point supplémentaire de TVA, ça se voit à peine", estime le maire de Meaux, qui considère qu’ "il y aura certes une augmentation mais tout le monde sera gagnant au final."Cette proposition fiscale, Jean-François Copé l’a argumentée dans la matinale de France Info, assurant que "c'est ce qui a été fait en Allemagne et qui a très bien marché."

"Certainement pas en ce moment"

Cette prise de parole du patron de l’UMP n’a pas été du goût de Christine Lagarde, qui a répondu immédiatement sur RTL mardi. "Certainement pas en ce moment", a-t-elle commenté. "Je crois qu'une augmentation de la TVA entraînerait une augmentation immédiate du volume des prix alors qu'on n'a pas immédiatement une répercussion, une diminution du montant des charges sociales", a-t-elle expliqué.

Un positionnement qu'elle a confirmé un peu plus tard dans la journée devant les députés. "La ligne de ce gouvernement est parfaitement claire, il n'y aura pas d'augmentation générale des impôts, qu'il s'agisse d'impôts directs ou indirects", a-t-elle asséné. Avant d'ajouter : "mais pour autant, dire que nous n'augmentons pas les impôts ne signifie pas que nous n'ayons pas le droit de réfléchir".

"Diminuer les dépenses" avant tout

François Fillon a lui aussi rapidement répliqué à la proposition de Copé. En fin de matinée, lors de la réunion hebdomadaire à huis-clos du groupe UMP à l'Assemblée, le Premier ministre a tenu à "apporter sa contribution au débat", en y mettant implicitement un terme. "On n'a pas de marge sur la TVA" par rapport à l'Allemagne, a-t-il rétorqué. "On parle de convergence avec l'Allemagne mais, Berlin ayant relevé sa TVA, les taux français et allemand sont à peu près équivalents. Si on augmente notre TVA, on se redécale par rapport à l'Allemagne".

Plutôt que de réfléchir à une augmentation des recettes fiscales, mieux vaut se concentrer sur "diminuer les dépenses", a-t-il poursuivi. "Ce n'est pas un débat à balayer d'un revers de main", lui a répliqué le patron des députés UMP, Christian Jacob, proche de Jean-François Copé.

"J’ai toujours dit 2017"

Reste que Jean-François Copé, fort de son ambition, continue à rêver tout haut de 2017, tout en égrainant ses propositions dans la presse. Cette nouvelle "bonne idée" vient après le lancement d’un grand débat sur les 35 heures, son combat pour maintenir la publicité en journée sur France Télévisions, mais aussi ses mesures contre les conflits d’intérêt, ou encore le projet de loi contre le port de la burqa.

Parlant d’une candidature en 2010, il assure au Parisien : "Non, ne n'y ai jamais pensé", avant de confier : "J'ai toujours dit 2017, mais certainement pas avant."