Trop discrètes, les listes électorales?

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Trop discrètes, les listes électorales?
@ Maxppp
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PS et MoDem dénoncent le manque de moyens alloués pour inciter les citoyens à s'inscrire.

"Rompant avec les usages républicains", "scandaleux", "suspect". Les opposants au gouvernement n'y vont pas par quatre chemins pour dénoncer le désintérêt du gouvernement, selon eux, pour les campagnes d'appel à l'inscription sur les listes électorales.

Critiques du PS au MoDem

Samedi, le Parti des radicaux de gauche (PRG) s'était ainsi demandé "si ce mutisme du gouvernement n'aurait pas, en fait, un objectif latent : maintenir un phénomène de non-inscription (...) qui concerne surtout des catégories socio-démographiques souvent susceptibles de voter à gauche".

Najat Vallaud Belkacem, porte-parole du candidat PS François Hollande, avait également déploré lundi que le gouvernement, "rompant avec tous les usages républicains, se refuse à organiser une campagne de communication digne de ce nom".

"Cela me semble suspect", a renchéri, "scandalisé", Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République (DLR) et candidat à la présidentielle.

"C'est la première fois, dans mon souvenir, que, pour une année électorale aussi importante, il n'y a pas eu d'appel à l'inscription sur les listes électorales de la part du gouvernement", s'est indigné de son côté François Bayrou. "Il reste quatre jours pour que tous les responsables publics s'expriment sur ce sujet de manière à suppléer autant qu'ils le pourront à l'absence du gouvernement", a insisté le candidat à la présidentielle du MoDem.

Le ministère de l'Intérieur se défend

Le gouvernement, lui, se défend de toutes arrières-pensées. Le ministère de l'Intérieur a souligné son action conjointe lancée lundi avec l'association "civisme et démocratie" (Cidem). "Jamais on n'avait fait autant d'efforts", a assuré Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère, qui finance la totalité des 181.000 euros que coûte la campagne lancée lundi.

Cette campagne se décline "en deux volets" : la diffusion de dépliants d’information et d'affiches de sensibilisation à l’inscription sur les listes électorales (31.000 euros), et une campagne Internet destinée à promouvoir le téléservice de demande d'inscription en ligne sur les listes électorales (150.000 euros).

A quatre jours de la clôture des inscriptions sur les listes électorales, ceux qui veulent voter aux élections présidentielle et législative de 2012 sont certes nombreux à se rendre en mairie. On semble cependant loin de la ruée d'avant la présidentielle de 2007. Environ 6% seulement des Français concernés ne figurent sur aucune liste, selon le chercheur Jean-Yves Dormagen. Mais ce taux très bas, nuance l'universitaire cité par le quotidien Libération, "masque un phénomène tout à fait déterminant: la +mal-inscription+", qui concerne ceux qui ne se sont pas réinscrits après leur dernier déménagement.