Triple A : les candidats s’adaptent

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Triple A : les candidats s’adaptent
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Les candidats ont-ils retoqué leur projet après la dégradation de la France ? Voici leurs réponses.

Partout, la réponse est la même : "cela ne change rien, on l’avait anticipé". Et puis, évidement, "on est les premiers à s’en être inquiétés". Contactés par Europe1.fr, les partis en lice pour la présidentielle sont catégoriques : la dégradation de la France  de AAA à AA+ par l’agence de notation Standard and Poor's, vendredi dernier, n’impacte pas leur programme ou le chiffrage de celui-ci. A la marge pourtant, ils admettent des "ajustements" : une annexe, ici, le développement d’un fonds européen, là. Comment se sont-ils adaptés à la perte du triple A ? Europe1.fr liste leurs solutions, parti par parti.

 

L’UMP prévoit un additif

 Suite à la perte du triple A, "nous comptons présenter des éléments complémentaires à notre programme détaillant - point par point - notre démarche pour réduire les déficits", a confié, mardi à Europe1.fr, Jérôme Chartier, délégué général de l'UMP. Le programme du parti présidentiel sera donc accompagné d’une annexe plus précise sur le retour à l'équilibre des dépenses publiques. Cet additif ne témoigne-t-il pas d'une certaine panique à l'UMP ? Pas du tout, à en croire le député UMP, qui se veut rassurant : la perte par la France de son triple A "n’affecte pas" le programme présenté en décembre dernier par l’UMP "dans la mesure où ce projet est déjà conforme aux recommandations de l'agence de notation Standard and Poor's". "Notre projet prévoit, en effet, comme le demande l’agence de notation, la réduction des déficits. Et nous datons le retour à l’équilibre du budget de l’Etat pour 2016", précise le député UMP.

Chez Hollande, la dégradation est "déjà intégrée"

Le programme que François Hollande présentera dimanche a-t-il été modifié ? "Nous avions déjà intégré la perspective" d’une dégradation, répond Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, lundi dans une interview à Direct Matin. Par conséquent, "les mesures-phares ne sont pas remises en cause : le contrat de génération, les 60.000 postes dans l’Education nationale ou la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler tôt et qui ont cotisé plus de 41 ans", précise-t-il. "Enfin, l’engagement de ramener le déficit public à moins de 3% du PIB en 2013 sera tenu. Non pas pour complaire aux agences de notation, mais parce que c’est indispensable", ajoute le député du Doubs. 

 

Le FN insiste sur la nécessité de sortir de l’euro

 "Outre le fait que nous avons été les premiers à tirer la sonnette d’alarme sur les déficits et la faillite de l’euro, nous avons largement anticipé dans notre projet la dégradation de la France de 1 à 2 points", assure à Europe1.fr, le frontiste Gaël Nofri, assurant que le chiffrage de son parti tient encore la route. "La solution que nous proposons : c’est la sortie de l’euro, qui est désormais d’autant plus nécessaire. Il faut la préparer avec nos partenaires", insiste-t-il. Pour lui, à partir de là, toutes les cartes seront redistribuées.

Le MoDem s’appuie sur sa "rigueur de gestion"

"François Bayrou est le premier des leaders politiques à s’être inquiété de l’importance de la dette dans son programme de 2002 et dans celui de 2007", vante aussi Robert Rochefort, le monsieur économie de candidat du MoDem. "Dans notre projet 2012, nous nous sommes fixés comme objectif de réduire les déficits de 100 milliards à l’horizon de 2020. 50 milliards par des recettes nouvelles et 50 milliards par des économies. L’exigence que nous nous sommes fixée est telle que la dégradation de la France ne change rien", précise-t-il à Europe1.fr. Toutefois "si les taux d’intérêt devaient augmenter encore [lorsque la France emprunte de l’argent] et atteindre le niveau de la Belgique, il faudrait effectivement trouver 3 milliards supplémentaires par an" pour conserver les objectifs fixés par François Bayrou, analyse Robert Rochefort.

EELV ferait appel à un fonds européen

 Nous avions fait notre chiffrage en novembre avec une prévision de croissance réaliste - plus réaliste que les autres programmes - , 0.8 %. La perte du triple A ne change pas nos calculs" de ce côté là, indique, Pascal Durand, porte-parole Europe-Ecologie - Les Verts. Mais si la France devait emprunter plus cher, cela changerait-il la donne ? Dans ce cas, "nous souhaitons qu’un Fonds européen structurel prenne en charge les dettes souveraines", indique encore Pascal Durand. "Si la France devait emprunter "plus cher", à des taux plus élevés, suite à la perte du triple A, elle pourrait donc passer par ce Fonds européen", détaille-t-il, avant d’ajouter : "Il faut que l’Europe face jouer sa solidarité : des Etats peuvent emprunter à des taux préférentiels, alors que les plus endettés payent le prix fort. La création de ce Fonds européen permettrait de lisser tout cela".