Travail et Education : de l'avantage d'avoir des ministres issus de la société civile

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Travail et Education : de l'avantage d'avoir des ministres issus de la société civile
@ AFP - Montage Europe 1
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Muriel Pénicaud et Jean-Michel Blanquer ont ouvert des sujets sensibles de réforme. Mais leur connaissance des dossiers rassure les syndicats.

L'ÉDITO POLITIQUE

De l’avantage de recruter des pros pour des ministères sensibles : le Travail et l’Education. Les DRH Macron et Philippe ont axé leur recrutement sur des critères d’efficacité et non politiques. Jean-Michel Blanquer à l’Education et Muriel Penicaud au Travail : un ancien recteur, universitaire passé par tous les postes sensibles de l’Éducation nationale, et une ancienne DRH de Danone, passée par la SNCF.

Dépolitiser pour réformer. Deux pros, reconnus comme tels par les syndicats, c'est ce qui explique que les premiers échanges, souvent décisifs, se soient bien passés. Jean-Claude Mailly de FO, par exemple, dit le plus grand bien de la ministre du Travail, non pas qu’il soit d’accord sur tout, mais elle est crédible, elle connaît ses sujets et du coup on peut négocier dans le détail, dans le concret. Cette approche change les termes de la négociation. Ça permet à l’Education, par exemple, d’ouvrir beaucoup de sujets : les rythmes scolaires, la question des devoirs à la maison, mais sans être prisonnier de la posture idéologique. L’idée, c’est de dépolitiser pour pouvoir réformer, avancer.

Un déminage stratégique. Ce sont des pros, ils savent de quoi ils parlent, mais à la fin des fins, la politique reprendra le dessus quand il faudra trancher. Car gouverner c’est choisir, et il y aura des blocages, des désaccords. Mais avant cela, à court terme, l’intérêt immédiat du gouvernement c’est de déminer l’entrée dans la négociation. On est encore en campagne, il faut éviter le piège politique alors que les législatives ne sont pas encore jouées, en traitant bien les syndicats, en les considérant. De ce point de vue-là, l’objectif est atteint.

L'ombre du 49.3. Mais évidemment, les syndicats, in fine, ne vont pas signer unanimes la démolition du code du Travail, la politique reprendra ses droits quand il y aura un blocage sur les indemnités prud’homales par exemple. Les syndicats prompts à reconnaître aujourd’hui la crédibilité de la ministre seront tout aussi véhéments pour la qualifier de libérale, voire de ministre de droite. Emmanuel Macron, ministre de l’Economie en a fait l’expérience : en vrai pro il a passé des centaines d’heures au banc à l’Assemblée nationale pour expliquer, répondre, amender sa fameuse loi sur les autocars en vain, quand la politique a repris ses droits, il a été contraint de sortir le 49.3 pour contraindre sa majorité à le suivre.