Traité : Cohn-Bendit a-t-il changé d’avis ?

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Traité : Cohn-Bendit a-t-il changé d’avis ?
Daniel Cohn-Bendit s'est longtemps opposé au traité européen, avant de se ranger derrière au début de l'été 2012.@ REUTERS
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Les écologistes l’accusent d’avoir été retourné sa veste. Europe1.fr démêle le vrai du faux.

Ses camarades écologistes n'avaient guère goûté sa sortie fracassante de samedi, après leur rejet massif du traité européen. Alors depuis, ils ont beau jeu de de rappeler que "Dany" s’était dans un premier temps opposé au Pacte de stabilité, avant de changer d’avis.

>> Alors Daniel Cohn-Bendit a-t-il retourné sa veste ?

 Non, dans la mesure où le député européen n’a jamais appelé publiquement à voter non :

Pas de "non" public, donc. Mais depuis la fin 2011, Daniel Cohn-Bendit a joué aux variations sur le même thème avec le traité européen. La preuve par quatre.

L’inventeur de "Merkozy". C’est un point sur lequel, pour le coup, les écologistes tombent d’accord. Daniel Cohn-Bendit est bien l’inventeur de l’expression "Merkozy", prononcée le 2 novembre sur France Inter. Ainsi, quand il évoquait en décembre 2011 "le traité Merkozy", dans une tribune commune avec Eva Joly publiée dans Libération, cela n’avait rien non plus d’un compliment. "Le deal bouclé à marche forcée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n’a ni ambition, ni projet d’intégration", écrivaient alors les bons camarades de l’époque.

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 Jean-Vincent Placé, numéro deux du mouvement, a d'ailleurs pris un malin plaisir à rappeler dimanche sur i>Télé que le TCSG était, selon "l’'expression de Daniel Cohn-Bendit, le traité Merkozy".

La règle d’or, pourquoi pas. Mais au cours du même mois de décembre, Daniel Cohn-Bendit fait un petit pas vers le "oui" au  traité. Il ne rejette ainsi pas en bloc l’idée de règle d’or, pierre angulaire du TSCG, censée contraindre les Etats à présenter un budget à l’équilibre. "Il est évident qu’on ne peut pas en permanence continuer à léguer des dettes aux générations futures. Ça ne me choque pas, ça", assure-t-il alors sur Europe 1. En précisant toutefois, comme le reste de la gauche, que la règle d’or seule serait insuffisante et dangereuse.

Daniel Cohn-Bendit réclame une Europe plus solidaire :

 

Il y a cette lettre de février. Sur RTL mardi matin, Eva Joly a brandi une lettre signée de la main de Daniel Cohn-Bendit où assure-t-elle, l’eurodéputé dit tout le mal qu’il pense du traité. "Au mois de février 2012, il était contre le traité, il a lancé un appel à tous les Verts européens pour ne pas le voter et aujourd'hui, il a changé de position", a déploré l’ex-candidate écologiste à l’élection présidentielle.

Cette lettre, leJDD.fr l'a publiée mardi à la mi-journée. Daniel Cohn-Bendit y fustige un traité qui n'apporte rien de nouveau, qui va à l'encontre de certaines lois européennes en vigueur et ne parle que d'austérité. "Constatant que ce traité est inutile, nous n'y apportons pas notre soutien", conclut l'eurodéputé, président du groupe écologiste au Parlement européen.

>> Lisez la lettre de Daniel Cohn-Bendit en cliquant ici.

François de Rugy, président du groupe écologiste à l’Assemblée, affirme lui aussi que le revirement de Daniel Cohn-Bendit est récent. "Au printemps, il était contre" et aujourd'hui, "il a changé d'avis, il considère que c'est quelque chose de fondamental", a pesté le député de Loire-Atlantique. "Nous, nous ne pensons pas que c'est quelque chose de fondamental".

Avec Hollande, ça change tout. Si le TCSG en lui-même n’a pas changé d’une virgule, c’est le volet croissance imposé par François Hollande qui a emporté le morceau pour Daniel Cohn-Bendit. Ce volet prévoit en effet le déblocage de 120 milliards d’euros pour soutenir les grands projets européens, et la mise en place d’une taxe européenne sur les transactions financières avant la fin de l’année. Autant de mesures réclamées par le député européen.

Alors le changement de ton est désormais radical. "Ce traité est une déclaration de politique générale", estimait-il dans Libération. "Je dis votez oui, parce qu’on va ensuite pouvoir faire de la politique", exhortait-il ses camarades écologistes. Qui, massivement, ont décidé de ne pas le suivre.

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