Tous ces ministres qui ont déjà clashé Macron

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Tous ces ministres qui ont déjà clashé Macron
@ AFP
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Lundi, Christian Eckert s'en est pris au ministre de l'Économie sur Twitter. Le secrétaire d'État chargé du budget est loin d'être le premier membre du gouvernement à le faire.

Un "surhomme", "ministre de tous les étages de Bercy". La pique pleine d'ironie est signée Christian Eckert, et destinée à Emmanuel Macron. Lundi soir, le secrétaire d'État au Budget a posté un tweet assassin à l'encontre du ministre de l'Économie. L'objet de son courroux : la volonté de Macron de commander des Sea Bubble, véhicules capables de voler au-dessus de l'eau, pour équiper les douaniers basés à Bercy. Or, les douaniers dépendent du ministère des Finances de Michel Sapin, auquel Christian Eckert est rattaché.



Ce n'est pas la première fois que le secrétaire d'État au Budget se paie Emmanuel Macron. Fin juin, déjà, il avait dégainé un tweet très ironique sur l'ISF, que le ministre de l'Économie souhaitait réformer. Et Christian Eckert n'est pas le seul à cartonner régulièrement le locataire du troisième étage de Bercy. Au gouvernement, c'est même devenue une habitude.



Valls, grand adepte du recadrage. Au premier rang des adeptes, on trouve bien sûr Manuel Valls. Le Premier ministre recadre Emmanuel Macron dès qu'il le peut. Le ministre de l'Économie sous-entend qu'il faut venir à bout des 35 heures ? Le chef du gouvernement assure qu'il n'y aura "pas de remise en cause" et dénonce les "petites phrases" qui font "mal à la vie publique". "Que chacun reste à sa place dans la cohérence et la loyauté", lâche-t-il lorsque le patron de Bercy critique l'ISF. Le 11 mai dernier, Manuel Valls faisait la leçon à Emmanuel Macron sur les bancs de l'Assemblée nationale, devant les caméras.  


Valls recadre Macron à l'Assembléepar LeLab_E1

Macron, trop perso pour Le Foll. En mars dernier, Emmanuel Macron faisait les gros titres de la presse magazine, accordant notamment une longue interview à L'Express. Ce qui n'avait que moyennement plu au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. "Ça devient un spécialiste des unes", avait-il déclaré. Avant de sermonner le patron de Bercy. "Le talent, pour qu'il s'exprime sur le long terme, il faut qu'il s'inscrive dans une aventure collective. Je voudrais rappeler l'enjeu du collectif."


Le gros avertissement de Le Foll à Macron, en...par LeLab_E1

L'art de la métaphore par Le Drian. De fait, Emmanuel Macron est souvent épinglé pour jouer sa propre partition, au détriment de la solidarité gouvernementale. "La gauche n'a pas besoin d'aventure solitaire", estimait Najat Vallaud-Belkacem en avril, tandis que Myriam El Khomri rappelait que "la vie politique n'est pas une aventure individuelle". Fidèle lieutenant de François Hollande, Jean-Yves Le Drian avait également remis le ministre de l'Économie à sa place. "La vie politique, en particulier lorsqu'on est membre du gouvernement, c'est un peu comme au football : il faut jouer collectif, sinon on ne gagne pas", avait déclaré le ministre de la Défense.

Lemaire joue sur son âge. Si les métaphores footballistiques permettent de rendre la critique plus douce, d'autres membres du gouvernement optent pour des formules très directes. C'est le cas d'Axelle Lemaire, dont les relations avec Emmanuel Macron sont connues pour être tumultueuses. Dans Le Petit Dico politique de la relève (Éditions du Moment), Samir Tounsi  rapporte que la secrétaire d'État au Numérique aurait épinglé son collègue après le refus de ce-dernier de la recevoir. "Tu vas me parler sur un autre ton, je suis plus âgée que toi, j'ai deux enfants et je suis élue, moi, monsieur", lui a-t-elle lancé. Une façon de souligner que le patron de Bercy a beau être populaire, il n'a jamais été remporté une seule élection.

Touraine ne rêve pas de milliardaires. À la Santé, Marisol Touraine a eu plusieurs fois maille à partir avec Emmanuel Macron. Une interview, donnée en janvier 2015 aux Échos, a donné à la ministre l'occasion de s'en prendre à son collègue. Dans cet entretien, le patron de Bercy estimait qu'il fallait des "jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaire". "Je ne sais pas si c'est le conseil qu'on doit donner aux jeunes Français", a taclé Marisol Touraine. "Je ne crois pas que [ce soit] le plus approprié." La ministre a également beaucoup reproché à Emmanuel Macron d'empiéter sur ses prérogatives lors des débats sur la loi activité.

La caresse et le bâton pour Cazeneuve. Bernard Cazeneuve non plus, n'a pas apprécié que le patron de Bercy marche sur ses plates-bandes. Lorsque le ministre de l'Économie a menacé le Royaume-Uni de ne plus contrôler la frontière de Calais en cas de Brexit, le locataire de la place Beauvau l'a immédiatement recadré, alternant caresse et coup de bâton. "Le ministre de l'Économie, qui fait un travail remarquable dans son domaine de compétence, se consacre à sa tâche comme je me consacre à la mienne. Sur ce sujet-là, ce ne sont pas de déclarations qui font le buzz dont on a besoin, mais d'une action persévérante."

"Le taré du 3e étage". "Macron, c'est beaucoup de buzz", renchérissait Michel Sapin après le lancement, par le ministre de l'Économie, de son mouvement "En marche!". Le ministre des Finances ne perd pas une occasion de railler son collègue, qu'il surnommerait "le taré du 3e étage". Il lui reproche notamment de délaisser son ministère pour privilégier "En marche!". "Un ministre doit se consacrer entièrement à sa tâche", assénait-il en avril, alors qu'il était invité à Sciences Po.

Des propos qui ne sont pas sans rappeler ceux du ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, qui appelait Macron à "se concentrer sur l'essentiel" au moins d'avril. Michel Sapin a également taclé le ministre de l'Économie lors du premier meeting du mouvement "Hé Oh la gauche!", en soutien au président de la République. Interrogé sur l'absence de son collègue de Bercy, il avait vertement répliqué : "Ici, ce sont les amis de François Hollande."

Au milieu de tous ces recadrages, railleries et critiques, Emmanuel Macron peut compter sur un soutien : celui de Patrick Kanner. Le ministre des Sport le dit et le répète : "Je suis un ami d'Emmanuel Macron."