Tollé après l’attaque de Mélenchon

  • A
  • A
Tollé après l’attaque de Mélenchon
@ MAXPPP
Partagez sur :

Le leader du Parti de gauche a accusé Moscovici de "ne pas penser français", mais "finance internationale".

La phrase qui choque. Le Parti de gauche (PG) tient son 3e congrès à Bordeaux et pour se faire entendre, ses dirigeants ont décidé de taper fort sur le gouvernement. C’est d’abord François Delapierre, secrétaire national, qui, en référence à l'attitude des 17 gouvernements de la zone euro à l'égard de Chypre. "Dans ces 17 salopards, il y a un Français, il a un nom, il a une adresse, il s'appelle Pierre Moscovici et il est membre du Parti socialiste", a-t-il lancé sous les applaudissements des 800 délégués. Au sujet du même Pierre Moscovici, Jean-Luc Mélenchon a pris le relais face aux journalistes et a lâché une petite phrase largement commentée depuis. "C’est un petit intelligent qui a fait l'ENA" et qui "ne pense pas français, qui pense finance internationale", a lâché le président du PG.

desir-carre

Désir s’indigne... Cette saillie n’a pas franchement plu à Harlem Désir, qui a rapidement réagi. "Je lui demande de retirer ces propos inacceptables", s’est emporté le premier secrétaire du PS. "Cette attaque sur l'identité française de Pierre Moscovici donne le haut le coeur. Elle signe une dérive dangereuse qui doit cesser dans l'injure et la mise en cause personnelle. Elle franchit les limites de l'acceptable et ne peut être tolérée par aucun républicain". Le patron des socialistes est aussi allé plus loin. "C'est un vocabulaire des années 30 que l'on ne pensait plus entendre de la bouche d'un républicain et encore moins d'un dirigeant de gauche", a-t-il affirmé.

…L’UMP aussi. C’est sur cette accusation masquée d’antisémitisme que des ténors de … l’UMP ont aussi réagi. "Les termes ‘finance internationale’, l'idée qu'on puisse être plus lié à la finance internationale qu'à son propre pays sont des termes utilisés à d'autres époques et par d'autres personnes", a commenté Nathalie Kosciusko-Morizet sur le "Forum" Radio J. Pour sa part, le président de l'UMP, Jean-François Copé, invité du Grand rendez vous Europe 1/I télé/Le Parisien, a jugé que "les propos d'un extrémiste de gauche sont par définition, quand ils sont de cette nature, totalement condamnables".

Pour Moscovici, "certaines bornes" sont franchies. Pierre Moscovici lui-même a réagi dimanche sur Canal Plus. "M. Mélenchon, il est en train par détestation de la social-démocratie, par détestation du parti socialiste de franchir certaines bornes", a jugé le ministre de l’Economie. "Ce n'est pas un dérapage au sens où sa langue aurait fourché. C'est quelqu'un de très intelligent Jean-Luc Mélenchon. Il sait ce qu'il dit et il le fait exprès. C'est plus une dérive ou une surenchère", a-t-il jugé. "Chacun à son histoire. Moi j'ai la mienne. Je suis d'une famille où mes quatre grands-parents étaient étrangers. Mon père a été déporté. Et cette famille, elle a choisi la France. Je suis Français par tous mes pores. Je défends la France. Je ne raisonne pas finance internationale", s’est-il défendu.

Mélenchon se défend et contre-attaque. C’est à la tribune que Jean-Luc Mélenchon s’est défendu dimanche. "J'ignorais quelle était la religion de Pierre Moscovici et je n'ai pas l'intention d'en tenir compte dans l'avenir, pas davantage que dans le passé", a-t-il lancé lors de son meeting de clôture. "Il s'agissait d'une appréciation totalement politique et qui n'a rien à voir avec la personne de Moscovici qui est interchangeable avec bien d'autres."

Puis Jean-Luc Mélenchon est passé à l’attaque. "La finance internationale a fait son cahier de brouillon en Grèce, elle en fait un deuxième à Chypre, c'est nous les suivants !", a-t-il lancé. "Et dire cela serait de l'antisémitisme. Plus aucune discussion n'est possible dans ces conditions", a jugé l'ancien candidat du Front de gauche à la présidentielle dénonçant pêle-mêle "le poison de la rumeur, le venin qui se répand", et, "l'infecte propagande du parti solférinien". Comprendre, bien sûr, le Parti socialiste.