Théorie du genre : Valls soutient sa ministre contre l'"outrance" des attaques de Sarkozy

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Théorie du genre : Valls soutient sa ministre contre l'"outrance" des attaques de Sarkozy
Manuel Valls s'exprimait en marge de la remise des diplômes de la 190e promotion des élèves de l'ENAP, à Agen.@ GEORGES GOBET / AFP
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Manuel Valls a tenu à défendre, jeudi, la ministre de l'Éducation, prise dans une polémique avec le pape sur la "théorie du genre". Et à attaquer frontalement Nicolas Sarkozy.

Le Premier ministre Manuel Valls a soutenu jeudi Najat Vallaud-Belkacem, au centre d'une polémique avec le pape François sur la "théorie du genre", en dénonçant l'"outrance" des attaques de Nicolas Sarkozy contre la ministre de l'Éducation et la "drôle de vision de la laïcité" de l'ex-chef de l'État.

Najat Vallaud-Belkacem "a eu raison". "La ministre de l'Éducation a eu raison de réagir comme elle l'a fait, et Nicolas Sarkozy a bien tort de l'attaquer avec cette outrance" qui "dessert le débat politique, le débat démocratique", a déclaré Manuel Valls, en marge de la remise des diplômes de la 190e promotion des élèves de l'École nationale d'administration pénitentiaire (ENAP), à Agen.

Critiques et polémique. Lors d'un meeting, mercredi à Montauban, Nicolas Sarkozy avait vivement critiqué Najat Vallaud-Belkacem en se rangeant du côté du pape François. Ce dernier avait créé la polémique dimanche en déplorant la présence de la "théorie du genre" dans les manuels scolaires en France. Fustigeant la réponse de la ministre de l'Éducation au pape, Nicolas Sarkozy a lancé mercredi soir: "Mme Najat Vallaud-Belkacem aurait mieux fait de se taire, elle nous fait honte."

"Une drôle de vision de la laïcité". L'ancien chef de l'État "démontre une drôle de vision de la laïcité", et "je vois que Nicolas Sarkozy, et d'ailleurs (son ex-Premier ministre) François Fillon, dérapent dangereusement sur ce terrain-là", a rétorqué Nicolas Valls jeudi. "S'ils pensent qu'on enseigne la théorie du genre, ça veut dire qu'ils sont sur les théories complotistes qu'on trouve dans l'islamisme radical ou chez les ultra-catholiques", a ajouté le chef du gouvernement. "C'est désolant, a conclu Manuel Valls, tout ça pour gagner quelques voix à l'occasion d'une primaire", allusion aux candidatures de Nicolas Sarkozy et François Fillon à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017.