Taxe Tobin : une loi en février

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Taxe Tobin : une loi en février
Selon Benoist Apparu, un projet de loi sur la taxe Tobin pourrait passer devant le parlement dès février.@ MAXPPP
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Benoist Apparu en a fait l'annonce dimanche alors que la Bourse de Paris affiche son opposition.

Récemment posée comme "une priorité" par Nicolas Sarkozy, la taxe Tobin pourrait très vite faire l’objet d’une loi. Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a ainsi affirmé dimanche qu'un texte serait présenté en Conseil des ministres "probablement en février" pour instaurer une taxe sur les transactions financières.

L’opposition des acteurs de la place financière française

A trois mois et demi du premier tour de la présidentielle, le gouvernement n’en démord pas. "Ce n'est pas parce que les financiers disent 'non, on ne veut pas être taxés' qu'on va les écouter", a fait valoir Benoist Apparu sur Radio J.

Car les acteurs de la place financière française ne cachent leur "opposition à la mise en place d'une taxe sur les transactions financières qui, si elle n'était pas européenne, affaiblirait l'économie française". C’est ce qui ressort du communiqué publié vendredi par l'association Paris Europlace.

Un cavalier seul de Paris

A ce stade, la taxe Tobin ne semble avoir aucune chance d’être mise en œuvre au niveau européen. Ces derniers jours, nos voisins n’ont pas caché leur scepticisme et leur agacement quant à l’initiative unilatérale de Paris et alors que la zone euro est dans la tourmente.

Dimanche, David Cameron, a enfoncé le clou. Tout en jugeant la France dans son droit avec ce projet, le Premier ministre britannique a prévenu qu'il bloquerait l'instauration d'une taxe Tobin au niveau européen si elle n'était pas suivie… au niveau mondial.

La gauche embarrassée

Chère jusqu’alors à la gauche, la taxe Tobin semble désormais susciter un certain embarras chez les socialistes. Refusant de dire si le PS voterait ou non le projet de loi, Manuel Valls, chargé de la communication dans l'équipe de campagne de François Hollande, a botté en touche en déclarant : "nous attendons la capacité de Nicolas Sarkozy à convaincre ses partenaires européens, puisque tout le monde sait que c'est évidemment au niveau européen qu'il faut mettre en oeuvre cette taxe".

Le député PS Arnaud Montebourg a, de son côté, confié qu'il voterait le projet de loi.      

A droite, Dominique de Villepin, candidat à la présidentielle, a, lui, fait part de son inquiétude de voir le système bancaire français pénalisé par l’instauration unilatérale d’une telle taxe.