Taxe "Tobin" : la nouvelle priorité

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Taxe "Tobin" : la nouvelle priorité
Nicolas Sarkozy envisage de mettre en oeuvre la taxe Tobin "avant la fin du mois de janvier", un calendrier très serré.@ REUTERS
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Nicolas Sarkozy veut la mettre en place dans les prochaines semaines, un délai très, très court.

C’est presque un vieux refrain. Depuis plusieurs années, les politiques ressortent régulièrement l’idée d'une taxe sur les transactions financières telle qu'imaginée en 1972 par l’Américain James Tobin. Mais ces derniers mois, crise financière oblige, cette “taxe Tobin” provoque un intérêt croissant. La France semble même décidée à aller désormais très vite pour la mettre en place.

Lors de ses vœux 2012, le président de la République avait promis de faire de cette taxation des transactions financières un dossier prioritaire. Henri Guaino l’a confirmé vendredi, une décision est imminente, elle devrait même intervenir “avant la fin du mois de janvier”. Le ministre de l’Economie François Baroin a confirmé le projet, mais pas le calendrier. 

Mais Nicolas Sarkozy l'a depuis martelé : la France "n'attendra pas que tous les autres soient d'accord". "Nous la mettrons en œuvre parce que nous y croyons", a-t-il martelé depuis l'Italie pour afficher son volontarisme.

"Avant la fin du mois de janvier"

Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a ainsi confirmé vendredi matin une information de Libération, selon laquelle le chef de l'Etat prépare "une décision sur la taxation des transactions financières pour ce qui concerne la France avant la fin du mois de janvier". "La France donnera l'exemple sur ce sujet  (…) et espère entraîner les autres ", a assuré Henri Guaino, rappelant au passage que "l'Allemagne a donné son accord sur ce principe".

Le Premier ministre semble également pressé d’aboutir et a déclaré depuis l’Italie, où il est en déplacement, qu’il "faudra que quelqu'un mette le pied dans l'eau froide, et nous nous pensons qu'il faut vraiment le faire en 2012". "Donc nous poussons pour que ça soit fait rapidement et que ça ne reste pas un projet dont on débat pendant 30 ans", a ajouté François Fillon.

Baroin confirme mais revoit le calendrier

Le Premier ministre et le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy ayant adoubé ce projet, le ministre de l’Economie François Baroin ne pouvait que confirmer cette annonce. "Puisque une bonne partie de la crise provient de l'évolution de l'industrie financière, c'est une question d'abord morale avant d'être une question de recettes affectée à telle ou telle financement, déficit ou budget de la Commission (européenne), a-t-il souligné.

Sauf que si François Baroin a promis une accélération du calendrier, il s'est néanmoins montré plus prudent sur l'agenda précis. La taxe sur les transactions financières "verra le jour" cette année, a indiqué le ministre de l'Economie, pressentant peut-être qu’un délai supplémentaire sera nécessaire.

Les partenaires européens pris de court

Outre des délais très serrés pour mettre au point cette taxe sur les transactions financières d'ici la présidentielle, le gouvernement français risque d’être confronté à un autre obstacle de taille : les réticences de ses partenaires européens.

La Commission européenne, l’Allemagne et l’Italie ont déjà prévenu : une initiative solitaire risque d’être contre-productive, surtout pour un projet qui ne peut être efficace que s’il est conçu et mis en place à plusieurs.