Taxe professionnelle : Raffarin assume son "courage politique"

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Taxe professionnelle : Raffarin assume son "courage politique"
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Tout en cherchant à calmer le jeu, le sénateur de la Vienne a redit sur Europe 1 son opposition à la réforme envisagée.

"Il n’y a pas de pataquès entre Nicolas Sarkozy et moi." Jean-Pierre Raffarin a tenu à aplanir tout différend avec l’exécutif au sujet de la suppression de la taxe professionnelle, lundi sur Europe 1, alors que le sénateur avait annoncé dimanche qu’il ne voterait pas le texte "en l’état". L’ancien premier ministre a refusé de parler de "menace", mais de "fermeté de conviction".

Voici l'intégralité de l'interview de Jean-Pierre Raffarin :

"Je suis d’accord pour la suppression de la taxe professionnelle au 1er janvier", a même affirmé Jean-Pierre Raffarin. "Mais par quoi on la remplace ?" Le sénateur de la Vienne qui se consacre à la décentralisation "depuis plus de trente ans", a jugé "injuste" que le gouvernement "attaque" la décentralisation aujourd’hui : "Qui investit dans le pays aujourd’hui ? Qui fait des emplois ? Qui fait marcher le bâtiment et les travaux publics ? Ce sont les collectivités locales, ce sont les élus locaux."

Christine Lagarde, ministre de l’Economie, "viendra au Sénat mercredi matin pour que nous ayons un échange", a annoncé Jean-Pierre Raffarin, qui a redit son opposition à la réforme de la taxe professionnelle dans sa forme actuelle. "Nous voulons discuter. Si le Parlement ne sert pas à ça, à quoi on sert ? Il faut assumer un certain courage politique. Je veux qu’on aille au bout de la discussion au Parlement avec le gouvernement."

Jean Arthuis a "rejoint les propos de Jean-Pierre Raffarin" lundi : "Le texte ne peut certainement pas être voté en l'état, c'est d'ailleurs ce que je dis depuis un mois. Je demande qu'on nous laisse suffisamment de temps pour délibérer en pleine connaissance de cause." Dans un entretien paru lundi matin dans Le Parisien, Jean-François Copé, patron des députés UMP, avait dit "comprendre" la démarche des sénateurs frondeurs.

Par ailleurs, interrogé sur le renvoi de Jacques Chirac devant la justice, Jean-Pierre Raffarin, qui fut son premier ministre entre 2002 et 2005, a jugé que cela n’apportait "pas grand-chose d’envoyer Jacques Chirac au tribunal", avant de conclure : "Je trouve que ceci est globalement injuste. Il a raison de vouloir aller à son procès de manière détendue et de montrer qu’il n’y a pas d’emplois fictifs."

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