Taxe "pro" : Raffarin reste sur sa faim

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Taxe "pro" : Raffarin reste sur sa faim
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Les sénateurs frondeurs sont sortis déçus d'une réunion avec Christine Lagarde sur la réforme de la taxe professionnelle.

Jean-Pierre Raffarin a déclaré mercredi qu'il y avait "encore beaucoup de travail à faire" en vue d'un accord sur la réforme de la taxe professionnelle, après avoir rencontré, en compagnie d'autres sénateurs frondeurs, les ministres de l'Economie et du Budget.

"Sur certains points c'est encore décevant, sur d'autres c'est plus positif", a ajouté le sénateur, déplorant notamment le souhait du gouvernement de faire passer la réforme de la taxe professionnelle avant celle des collectivités territoriales. L'ancien premier ministre a toutefois fait état d'une "volonté constructive" de la part du gouvernement et de certaines "avancées", sans préciser lesquelles.

Mais "en l'état, on ne peut pas voter" la réforme, a tempéré le sénateur de Seine-et-Marne Michel Houel. "On a demandé des amendements, on va y arriver", a-t-il toutefois estimé, évoquant une "réunion positive" et "une porte qui est ouverte". Selon lui, les 24 sénateurs frondeurs, qui assurent avoir été rejoints par certains de leurs collègues, doivent rencontrer à nouveau les ministres "la semaine prochaine".

"Il n'est pas question de lâcher" cette réforme, a affirmé de son côté la ministre de l'Economie Christine Lagarde, estimant que cette réunion avait "permis d'expliquer un peu mieux et d'écouter les avis des uns et des autres". "On est dans un processus d'amélioration constant du texte pour réformer la taxe professionnelle, améliorer la compétitivité des entreprises et assurer une fiscalité à toutes les collectivités territoriales", a ajouté la ministre de l'Economie, qui dit exclure une poursuite de la fronde des sénateurs: "Je ne me pose même pas la question, on fait tous partie de la même équipe."

Le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, s'est dit "à 100%" favorable à la suppression de la taxe professionnelle, au nom de la lutte contre les délocalisations et de la défense des emplois". Il a estimé qu'une des lacunes du projet initial, qui entrainaît une diminution importante dans les prochaines années des recettes des collectivités locales, avait été corrigée lors de son examen par les députés.

Il a toutefois critiqué dans une interview à France Info et à La Chaîne parlementaire la méthode des sénateurs frondeurs : "les tribunes (...) constituent une petite erreur de méthode. Je crois que les débats doivent avoir lieu entre les interlocuteurs pertinents".

Dans une tribune publiée dimanche Jean-Pierre Raffarin et 23 autres sénateurs UMP écrivaient qu'ils ne voteraient "pas en l'état" la réforme, craignant pour le financement des collectivités locales.

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