Taxe carbone : Rocard plaide pour un "chèque vert"

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Taxe carbone : Rocard plaide pour un "chèque vert"
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C'est la solution "la plus simple" pour compenser le surcoût de la taxe carbone pour les ménages, a-t-il assuré sur Europe 1.

Michel Rocard, le président de la conférence d'experts sur la création d'une taxe carbone, rebaptisée Contribution climat énergie, a rendu sa copie au ministère du développement durable mardi après-midi. Il en a dévoilé les principaux axes mardi matin sur Europe 1. Parmi les questions les plus sensibles : celle de la compensation du surcoût que va représenter cette taxe pour les ménages. Michel Rocard a plaidé pour un "chèque vert". Il rejoint en ce sens la position de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, mais s'oppose à Eric Woerth, ministre du Budget.

L’idée d’un "chèque personnel" est à la fois "probablement la plus simple et la meilleure", selon Michel Rocard. Car "l’intention de la taxe n’est pas de martyriser" les consommateurs, mais bien de les "dissuader" d’acheter les biens les plus énergivores. Ce chèque, dont le montant n’a pas été précisé, s’adresserait tout particulièrement aux "ménages isolés, aux banlieusards lointains, aux ruraux et à ceux qui ont des horaires atypiques". "On ne va tout de même pas compenser pour les ménages les plus aisés", a en revanche prévenu Michel Rocard.

Qu’en sera-t-il pour les entreprises ? Michel Rocard a évoqué deux pistes principales pour éviter que la taxe carbone n’aggrave "la position concurrentielle" des groupes français : un "chèque" ou une "baisse des charges sociales".

L’objectif final est que le dispositif soit prêt pour 2010. Echéance réaliste ? "Je ne sais pas", a reconnu mardi Michel Rocard.

L’ancien premier ministre socialiste a, au passage, répondu aux critiques formulées par certains écologistes, notamment le réseau Sortir du nucléaire, sur l’exonération dont pourrait bénéficier l'électricité d’origine nucléaire. "Le nucléaire est moins dangereux que le CO2. Dans toutes ces affaires, on ne choisit pas les bonnes solutions, il n’y en a pas. On choisit la moins mauvais. Et je voudrais bien entendre n’importe quel écolo me dire qu’il préfère le charbon", a rétorqué mardi Michel Rocard.

La réaction du PS aux propositions de Michel Rocard ne s'est pas faite attendre : la rue de Solférino a indiqué, dans l'après-midi, "soutenir" la taxe carbone, tout en veillant "à ce que le gouvernement n'en dévoie pas les principes".