Taubira, le blues d’une "ministre-cible"

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L’INFO POLITIQUE - La ministre de la Justice vit mal les attaques répétées de l’opposition à son encontre.

L’INFO. A chaque fois (ou pas) qu'elle ouvre la bouche, l'opposition demande sa démission. La dernière fois, c’était parce qu’elle ne chantait pas La Marseillaise. Des attaques permanentes qui ont fini par toucher Christiane Taubira, selon Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1, qui assure même que la ministre de la Justice "a le blues". Invité vendredi matin d’Europe 1, Manuel Valls ne s’est pas attardé sur ce sujet, assurant simplement qu’ "aucun ministre n’a le blues, et aucun ministre n’a à avoir le blues. Servir les Français, servir le gouvernement de la France, c’est un honneur !"

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"Elle est fatiguée, elle dit qu’elle veut partir". Attaquée de toute part depuis trois ans, Christiane Taubira sait qu’elle peut compter sur le soutien de ses camarades du gouvernement. Le premier d’entre eux, Manuel Valls, a d’ailleurs fustigé lundi des "polémiques absurdes" qui "détournent nos compatriotes de l'essentiel". Mais ce sont ces mêmes ministres qui reconnaissent que leur collègue souffre de ces attaques à répétition. "Christiane est ailleurs, elle est détachée, elle promène un regard amusé sur les choses. Elle a pris ses distance", confie l’un d’eux, quand une autre ministre va plus loin encore : "elle est fatiguée, elle dit qu’elle veut partir, qu’elle n’a plus de temps pour aller en Guyane. Elle en a marre". 

 Les proches de Christiane Taubira relativisent ce coup de blues : "elle va bien, elle bosse. Parfois, elle a juste envie de prendre l’air, ça ne vous est jamais arrivé ?" En réalité, les conditions de son maintien dans l’équipe Valls la fragilise. Au sein du gouvernement, tout le monde sait qu’elle aurait été débarquée si Cécile Duflot n’avait pas claqué la porte. Car virer l’icône de la gauche en plus de la madone des Verts, cela aurait fait beaucoup.

Sa réforme pénale inquiète. La garde des Sceaux a toutefois un objectif en vue : sa grande réforme pénale, qui sera examinée début juin à l’Assemblée nationale. Mais comme l’exécutif craint les accusations en laxisme qui vont inévitablement surgir des bancs de l’opposition, le texte va être passé en urgence. Trois petits jours de débat, puis une seule lecture à l’Assemblée nationale : le service minimum. Manuel Valls avait même envisagé de présenter cette réforme pénale lors de la session extraordinaire estivale, quand les Français sont en vacances. "Cette procédure accélérée, ce n’est pas son choix", euphémise un membre du cabinet de Taubira.

Delà à imaginer que Christiane Taubira, animal politique imprévisible, claque la porte après l’adoption de sa loi, il n’y a qu’un pas. Reste à trouver une nouvelle aventure pour elle, qui n’est pas députée et ne peut donc pas envisager de rejoindre les bancs du Parlement, comme Cécile Duflot ou Jean-Marc Ayrault. Cette semaine, elle a assuré à un ami que le poste vacant de Défenseur des droits ne l’intéresse pas.

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