Tant bien que mal, PS et LR entament leur reconstruction

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Après la débâcle de la présidentielle et des législatives, Les Républicains et le Parti socialiste s’attellent tant bien que mal à leur reconstruction.

L'ÉDITO POLITIQUE

Chez Les Républicains, c'est d'abord la purge avant la reconstruction. Mardi le bureau, ou plutôt le tribunal politique, va exclure à tour de bras : Thierry Solère, Franck Riester, les leaders du groupe des "Constructifs" à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre Edouard Philippe est convoqué lui aussi, ainsi que les trois ministres LR du gouvernement, pour répondre des faits de haute trahison et d'intelligence avec l’ennemi.

Un parti vidé. Des exclusions, mais des défections aussi. Aucune figure du parti ne semble prête à venir déloger Laurent Wauquiez, à venir le défier pour prendre la direction. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ne veulent pas s’abîmer, risquer une défaite face au premier vice-président qui a bien travaillé les militants sur une ligne dure. Rien à gagner et tout à perdre, mieux vaut rester à l’abri et travailler son image de président de région modéré en vue de 2022. Laurent Wauquiez a donc de bonnes chances d’être élu, triomphalement, à la tête d’un parti ruiné, au bord de la faillite, vidé de ses cadres et abandonné par des cohortes de militants déprimés.

Des socialistes sans leader. Au PS, c’est l’inverse, puisque le parti a désigné une direction collégiale de 28 membres. Il y aura bientôt plus de chefs que de militants au PS. La bande des 28, des apparatchiks pour la plupart dont certains n’ont jamais gagné une élection de leur vie, voilà la belle équipe censée redonner du souffle au PS. Un PS en panne de leader. Le plus connu est un vieux de la vieille : l’expérimenté Julien Dray, adepte du billard à cinq bandes est nommé porte-parole.

Le syndrome du Titanic. Najat Vallaud-Belkacem aurait pu être l’incarnation du Nouveau Parti socialiste, elle a préféré décliner, elle n’y croit pas, comme beaucoup d’élus les Républicains ne croient plus non plus en leur parti et préfèrent lancer leurs propres clubs de réflexions, leurs associations ou mouvement participatif, et tentent de reproduire les recettes d’En Marche! ou des Insoumis. Ceux qui s’accrochent et s’étripent pour lancer la reconstruction de ces vieilles maisons anéanties par la séquence électorale qui s’achève sont frappés du syndrome du Titanic : leur parti coule, s’enfonce irrémédiablement et, tel l’orchestre du paquebot, ils continuent à jouer leur partition.