"Sous certaines conditions, la conduite inter-file peut ne pas être dangereuse"

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"Sous certaines conditions, la conduite inter-file peut ne pas être dangereuse"
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CIRCULATION - Le ministère de l'Intérieur va autoriser les deux-roues, à titre expérimental, à circuler entre les files de voiture.

Jusqu'ici, la pratique était interdite, bien que très répandue. A partir du 1er février 2016, les deux-roues motorisés auront l'autorisation de circuler entre deux files de voiture dans quatre régions (Île-de-France, Bouches du Rhône, Gironde et Rhône). Les motards pourront donc, par exemple, dépasser des voitures par la droite sans risque d'être verbalisés. Emmanuel Barbe et Chantal Perrichon ont débattu de la pertinence de cette initiative mercredi sur Europe 1.

E. Barbe 640

"Fixer un cadre prudent". Il ne s'agit pour le moment que d'une expérimentation, destinée à durer quatre ans, sur 1.229 kilomètres de route. "L'objectif est de fixer un cadre prudent", explique Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière. "Sous certaines conditions, la conduite inter-files peut ne pas être dangereuse." La légaliser permettrait en outre aux conducteurs de deux-roues d'apprendre à s'y adonner avec prudence, alors qu'aujourd'hui, "quand vous passez le permis moto, vous n'entendez pas parler de l'inter-files", regrette Emmanuel Barbe.

Des conditions drastiques. Selon lui, il est absurde d'interdire une pratique à laquelle s'adonnent 98% des conducteurs de deux-roues, selon un sondage réalisé par 2-roues Lab'. Mieux vaut donc l'encadrer, avec des conditions drastiques. La conduite inter-file ne sera ainsi autorisée que sur des routes unidirectionnelles, lorsque le trafic est très ralenti, avec interdiction d'aller sur la bande d'arrêt d'urgence et de rouler trop vite. Cela restera donc strictement interdit en ville.

Légalisation d'un comportement dangereux. Pour Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, cette expérimentation est une mauvaise idée. "On favorise une catégorie d'usagers en légalisant un comportement dangereux", observe-t-elle. Selon elle, "cela va être une complexification de la tâche pour les conducteurs [de voiture]. Ils vont être stressés."