Soumaré : quid des méthodes de l’UMP ?

  • A
  • A
Soumaré : quid des méthodes de l’UMP ?
@ Maxppp
Partagez sur :

La manière dont l’UMP a exhumé le passé judiciaire d’Ali Soumaré pose question.

Cela fait quelques jours que l'affaire Soumaré ébranle le landernau politique. Plusieurs élus UMP accusent la tête de liste PS dans le Val d’Oise d'être un "délinquant multirécidiviste". Ils lui attribuent cinq condamnations. Lui répond qu'il a payé sa dette pour la seule erreur de jeunesse qu’il reconnaît, vieille de 11 ans. Il admet aussi avoir eu une altercation avec la police en 2009, qui n’a pas été jugée. Pour ses défenseurs, l’UMP est soit victime d’une homonymie, soit coupable d’un amalgame volontaire.

Pas si simple

Mais la question qui se pose désormais est celle de savoir comment ces élus UMP se sont procuré toutes ces informations sur le passé judiciaire d’Ali Soumaré. Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l'UMP affirme qu’il suffit d’aller sur internet. Mais ce n’est pas si simple.

Il est certes autorisé de demander au greffe du tribunal la copie d’un jugement, soit effectivement sur internet, soit sur place au Palais de justice. Mais il ne suffit pas de donner un nom, celui d’Ali Soumaré en l’occurrence. Il faut remplir un formulaire avec un certain nombre de renseignements, qu’il n’est pas facile de se procurer.

"Si on va au greffe, le greffe ne fera pas les recherches à votre place. Ce n’est pas du tout son rôle. Il faut que quelqu’un ait pu vous dire : tel jour il s’est passé telle chose, et cela a été jugé devant telle chambre", explique l’avocat Gilles Devers à Europe 1. Selon lui, ces informations peuvent provenir "essentiellement de la police et de la gendarmerie selon qui avait fait l’enquête. C’est la seule manière réaliste de comprendre" comment ces informations ont pu être fournies.

Réhabilité

Du côté de l’UMP, après avoir été extrêmement évasif, on a changé son fusil d’épaule. Le maire de Franconville, à l’origine de la plupart des attaques sur Ali Soumaré, nie fermement toute complicité policière ou judiciaire. "On les a eu essentiellement par les victimes. Car vous savez qu’il y a des victimes, qui suivent leur procès, qui vont jusqu’au bout", affirme l’élu UMP.

L’avocat d’Ali Soumaré, Jean-Pierre Mignard, affirme lui que son client a été réhabilité après sa condamnation datant de 1999. Cela signifie que plus personne n’a théoriquement le droit d’évoquer publiquement cette affaire.