Sortir leur chien, transporter leurs proches… Les caprices des politiques sous protection policière

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Certains VIP politiques semblent abuser des services de protection de police accordés par la République, selon une enquête du "Parisien".

"Aux grands hommes la patrie reconnaissante !" Pour autant, certains VIP de la politique n'attendent pas de passer sous l'inscription du fronton du Panthéon pour jouir de leur vivant des privilèges de la République. Il en va, par exemple, des anciens locataires de Matignon et ex-ministres ayant occupé des fonctions régaliennes (Justice, Intérieur, Affaires étrangères…), et susceptibles de détenir des informations secret-défense. Il bénéficie à ce titre d'une protection policière dont certains abuseraient pour soulager leurs tracas du quotidien, rapporte mardi Le Parisien.  

"Il ne supportait plus de cirer ses chaussures." Ainsi, l'ex-Premier ministre de François Mitterrand Edouard Balladur (1993-1995), mis en examen par la Cour de justice de la République dans le cadre de l'affaire Karachi, suscite quelques aigreurs au sein du Service de protection de la police nationale (SDLP). "Un ex-officier de sécurité a quitté son poste car il ne supportait pas qu'Edouard Balladur lui demande de cirer ses chaussures et de sortir son chien", explique un policier sous couvert de l'anonymat. Une "affabulation stupide", se défend toutefois l'entourage d'Edouard Balladur, qui nie tout usage disproportionné.   

Des convoyages entre Paris et Clermont-Ferrand. De son côté, Brice Hortefeux aurait exigé que ses enfants soient, en plus de sa personne, logés à la même enseigne policière. Problème : seule une personnalité politique peut en effet jouir d'une garde rapprochée. Or, a révélé le Point, l'ancien ministre de l'Intérieur (2009-2011) a affecté l'un des fonctionnaires de police à la protection de ses enfants. Ce dernier était spécialement chargé d'assurer leur transport entre Paris et Clermont-Ferrand. L'ordre de cesser ces convoyages dispendieux aurait été donné il y a seulement un mois, indique Le Parisien.

Sous protection policière jusqu'en 2013, l'ancien ministre du Budget Michel Charasse (1988-1992) mettait à disposition de ses "anges gardiens" un pied-à-terre privé lors de ses déplacements dans le Puy-de-Dôme. Mais l'ancien confident de François Mitterrand empochait pour cela un loyer de 121,96 euros mensuels, directement réglé par le comptable de la place Beauvau, et donc par le contribuable. Grand prince, l'ancien patron du Budget aurait justifié auprès de la Cour des comptes que ce coût était "largement inférieur à celui des chambres d'hôtel", selon Le Parisien. À noter que depuis 2013, Michel Charasse assure depuis seul sa défense avec une arme à feu cachée dans un recoin de son bureau au Conseil constitutionnel.