Sondages : une plainte vise Sarkozy

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Sondages : une plainte vise Sarkozy
@ Reuters
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L'association Anticor a déposé une plainte pour favoritisme et détournement de fonds publics.

Anticor ne lâche pas prise. En 2010, cette association anti-corruption avait porté plainte en raison de sondages commandés par l’Elysée et jugés sans rapport avec les affaires publiques. Afin de relancer la procédure, et parce que des faits nouveaux sont apparus, une nouvelle plainte a été déposée, mercredi, selon Le Monde. Une information confirmée par Me Jérôme Karsenti, l'avocat d'Anticor.

La précédente enquête, initialement acceptée par un juge d'instruction, a en effet été torpillée par un arrêt de la cour d'appel de Paris rendu en 2011. Raison alors invoquée : l'immunité pénale du chef de l'Etat. Comme Nicolas Sarkozy ne peut plus s’en prévaloir, Anticor retente sa chance, avec davantage d’informations en sa possession. Raymond Avrillier, un élu écologiste, a en effet obtenu, début 2012, par une procédure administrative complexe, une série de documents qui a permis à l’association anti-corruption d'établir le montant total des centaines d'enquêtes commandées sous Nicolas Sarkozy : 9,4 millions d'euros.

Des amis ont-ils été favorisés ?

Deux éléments posent problème : la nature des sondages, et l’absence de mise en concurrence. Parmi les études commandées, se trouvent par exemple une enquête sur la perception par les Français du couple Sarkozy-Bruni ou encore une étude sur la capacité de la chanteuse à représenter la France.

Second grief, les bénéficiaires essentiels des commandes sont des sociétés dirigées par deux conseillers et amis de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson et Pierre Giacometti. La gauche avait d’ailleurs demandé une commission d’enquête pour un éventuel délit de "favoritisme". Sans résultat. L’Elysée était en effet lié par une convention avec la société de Patrick Buisson, Publifact, avec reconduction automatique, un versement annuel de 1,5 million d'euros en conseil et sondages, et plus de 10.000 euros de rémunération mensuelle.

Anticor estime que, comme ces commandes de sondages ne relevaient pas de la fonction présidentielle, elle est en droit de demander des comptes à Nicolas Sarkozy. Le parquet va se prononcer dans les prochains jours sur cette analyse juridique et décider s’il poursuit l'ancien président, ou non.