Sondages : les craintes du PS, les regrets de l'UMP

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Sondages : les craintes du PS, les regrets de l'UMP
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Le président de l'Assemblée a donné le feu vert, mardi, à la création d'une commission sur les sondages financés par l'Elysée.

Le PS n’est pas totalement satisfait, la majorité a des regrets. La possible création d’une commission d’enquête parlementaire sur les sondages de l’Elysée a suscité de nombreuses réactions mardi, après le feu vert donné par le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer.

Dans l’opposition, Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault (PS) ont d’abord fait part de leurs craintes que la majorité ne "triture" le texte PS sur la création de cette commission, dans l'objectif de la vider de toute efficacité.

"Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), "ne pourra pas accepter que la commission des Lois triture notre demande pour en faire une espèce de bouillie qui ne permette pas cette commission d'enquête", a insisté la première secrétaire du PS lors d'un point de presse à l'Assemblée. Sur le fond, Martine Aubry a jugé qu'avec les sondages, le président de la République voulait "ni plus ni moins que façonner l'opinion publique en la trompant".

Une opinion partagée par Jérôme Cahuzac (PS). Le député du Lot-et-Garonne a été de ceux qui avaient demandé la création de cette commission d’enquête sur les sondages de L’Elysée. Pour lui, "Bernard Accoyer a renvoyé à la commission des Lois le soin de définir le cadre exact de l’enquête dont cette commission parlementaire serait chargée. Donc avant de rendre hommage à Bernard Accoyer, j’attends de voir ce que sera précisément ce cadre", a-t-il soutenu, mardi sur Europe 1 avant d'ajouter : "La nature de ces sondages montrent la nature très égocentrique du pouvoir (…). Ils sont révélateurs de la manière dont ce pays est gouverné" :

Pour Jean-Marc Ayrault, "une porte a été ouverte, il ne faudrait pas tout d'un coup, parce que cela fait peur à l'Elysée, nous la refermer sur les doigts". Il a ironisé sur l'avis défavorable de l'exécutif et des responsables de l'UMP, selon lesquels un contrôle de l'Elysée est inconstitutionnel en vertu de la séparation des pouvoirs. "On veut nous faire croire que l'exécutif, c'est uniquement le gouvernement et pas le président de la République alors que, chaque jour les Français se rendent compte qu'il est le patron absolu... Si demain on ne peut le contrôler, c'est qu'on a changé de République et ce n'est pas rassurant", a-t-il dit.

Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, s'était plus tôt déclaré "profondément opposé" à la création de cette commission d'enquête, au nom du "principe intangible" de la séparation des pouvoirs, qui serait alors "entaillé". "Cela créerait un précédent extrêmement regrettable (...) Si le principe de la séparation des pouvoirs n'est pas respecté, c'est la confusion des pouvoirs et c'est le début de la dictature", a-t-il affirmé à l'issue de la réunion hebdomadaire du groupe UMP.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a déploré "l'agitation politicienne" entourant l'éventuelle création de la commission. "Certains socialistes (à l'origine de la demande de commission d'enquête, ndlr) ont un peu la mémoire courte", a-t-il ajouté. "Je me souviens d'une époque où pour un sujet autrement plus grave, (l'affaire de l'attentat contre le Rainbow Warrior, ndlr) où il y avait quand même mort d'homme, le président François Mitterrand avait indiqué qu'il n'était pas question qu'une commission d'enquête parlementaire interfère sur la politique menée par l'Elysée", a ajouté Luc Chatel.