Les sondages ne sont "qu'un élément de réflexion"

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Pour Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa et Stéphane Zumsteeg, directeur du département Opinion et recherche Sociale d'Ipsos, les sondages ont avant tout "un rôle informatif", expliquent-ils mardi sur Europe 1.

INTERVIEW

Les Français choisissent-ils pour qui ils votent en fonction des instituts de sondages ? S'ils n'ont pas un "rôle énorme", les sondages peuvent influencer les électeurs, ont reconnu mardi sur Europe 1 Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa et Stéphane Zumsteeg, directeur du département opinion et recherche sociale d'Ipsos, deux jours après le premier tour de la présidentielle. "Il est vrai que certaines populations votent de manière stratégique", souligne Céline Bracq. "C'est ce qu'on appelle le vote utile. Cela fait partie des éléments de réflexion, même si les gens se décident au trois-quarts sur le programme, sur la personnalité."

"Difficile de travailler sereinement". "Les sondages ont avant tout un rôle informatif. Dire que les sondages font le vote, ça me paraît caricatural", ajoute toutefois Stéphane Zumsteeg. Le directeur du département opinion et recherche sociale d'Ipsos, tout comme la co-fondatrice d'Odoxa, balayent par ailleurs les critiques formulées lors de la campagne envers les instituts de sondages. "Cela a été difficile de travailler sereinement. Les médias nous appelaient presque plus souvent pour nous dire 'alors, pourquoi vous êtes aussi nuls', que pour nous demander notre analyse sur la situation", souligne la directrice d'Odoxa.

"Le rapport de force favorable à Macron". Les instituts de sondage ont vu juste pour le premier tour. Les intentions de vote données avant le premier tour de l'élection présidentielle plaçaient bien en finalistes Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Aujourd'hui, pour le deuxième tour, les sondages donnent des résultats favorables au candidat du mouvement En Marche !. "Évidemment le rapport de force est très favorable à Emmanuel Macron. Pour nous les sondeurs, il est compliqué d'être péremptoire, catégorique, mais ce serait se draper dans une forme d'hypocrisie que de dire qu'il n'est pas le favori du second tour compte tenu des ralliements et du plafond de verre dont souffre toujours Marine Le Pen", assure Stéphane Zumsteeg.

Le poids de l'abstention. "La tendance pourrait s'inverser seulement dans le cas où l'abstention serait très forte", pointe Céline Bracq. "Les électeurs qui ont voté pour les principaux candidats se disent prêt à voter pour Emmanuel Macron. Mais il y a une grande part qui pour le moment disent vouloir s'abstenir, hésitent ou pensent voter blanc. Cela laisse la possibilité à Marine Le Pen de gagner."