Sites de campagne, sites kleenex ?

PS : Martine Aubry, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Manuel Valls : que vont devenir leurs sites web ?
PS : Martine Aubry, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Manuel Valls : que vont devenir leurs sites web ? © CAPTURE D'ECRAN SITE WEB DE SEGOLENE ROYAL
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Hélène Favier , modifié à
Que vont devenir les sites web d’Arnaud Montebourg, Martine Aubry, Ségolène Royal et Manuel Valls ?

Valls2012.org, arnaudmontebourg2012.fr, jeanmichelbaylet.fr, segoleneroyal2012.fr, martineaubry.fr. Datés jusque dans leurs URL, les sites des candidats à la primaire socialiste - qui ont pourtant animé la campagne - sont aujourd’hui périmés, voués à l’abandon une fois le scrutin digéré. Que peuvent-ils devenir ? Deux alternatives : sombrer dans l'oubli ou trouver un second souffle ? 

Mourir est en effet une option. "Ces sites web sont construits pour répondre à un objectif et disparaissent quand l’enjeu est atteint. Ils n’étaient conçus que pour être des tremplins pour l’investiture", explique à Europe1.fr, Fabienne Greffet, maître de conférence en sciences politiques. "La galaxie internet du monde politique est ainsi en constante évolution. Elle se compose et se recompose en permanence autour du quartier général : le site du parti", ajoute l’auteure du livre La-lutte.com.

"Et un jour ces sites finissent par disparaître" 

Les sites web seraient donc devenus les nouvelles affiches de campagne que l’on décolle et déchire une fois l’élection passée ? "Bien sûr, on voit bien qu’il est facile techniquement de construire de tel site et de les arrêter. Ce mouvement existe aussi aux Etats-Unis, qui nous devancent sur la communication politique en ligne", répond Arnaud Mercier, politologue et chercheur associé au CNRS. "Ils finissent même par mourir. Un jour quelqu’un oublie de payer la licence et ils disparaissent. On remarque souvent cela en sciences sociales", assène-t-il.

Ce constat n’est toutefois pas valable pour tous les sites. "Il faut distinguer : les sites-brochures électorales comme celui de Manuel Valls et ceux, instrument de réflexion, comme celui de Jean-Luc Mélenchon", explique Fabienne Greffet. Dans le premier cas, le site de Valls est lié à un moment électoral, et ne peut avoir de raison d’être une fois le scrutin passé.

"D’autant que l’ex-candidat peut continuer son travail de notoriété par d’autres moyens numériques, via son compte Twitter ou son profil Facebook", renchérit Arnaud Mercier qui distingue, lui aussi, les sites de propagande et ceux construits pour durer comme le Désir d’avenir de Ségolène Royal.

Ceux qui essaient de trouver un second souffle

Le site de Martine Aubry appartient, lui, au second cas. Il a été conçu "pour durer". Mais là, la question est plus complexe. "Du moment où elle a retrouvé ses fonctions, il serait curieux qu’elle conserve ce site. Elle est la Première secrétaire du PS, elle dispose donc déjà, pour s’exprimer, du site du Parti socialiste", estime Arnaud Mercier.

Il serait troublant pour les internautes qu’elle s’exprime sur les deux sites, une fois de manière personnelle, une fois de manière officielle en tant que patronne du PS. Cela aurait même "un côté mauvais joueur", ajoute-t-il.  

Emile Josselin, responsable de la campagne numérique de Martine Aubry, qui rappelle, pour sa part, que le site de la candidate a séduit 1,5 million d’internautes. "Il serait dommage de perdre ce réseau tissé, cette force de frappe. D’autant que l’on en aura besoin pour faire l’union", ajoute-t-il, précisant que la maire de Lille n’a toujours pas décidé si martineaubry.fr survirait ou pas à l"échec des primaires. En attendant, Valls2012.org est réactualisé au compte-goutte, arnaudmontebourg2012.fr et segoleneroyal2012.fr sont restés à l'entre-deux-tours.