Sénat : les outsiders de la présidence

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Sénat : les outsiders de la présidence
Les outsiders entendent bien porter haut et fort les idées de leurs partis.@ REUTERS
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Ils se présentent mais sont sûrs de ne pas être élus samedi, face à Bel et Larcher.

Contre les mastodontes PS et UMP, Jean-Pierre Bel et Gérard Larcher, ces candidats à la présidence du Sénat n’ont aucune chance. Ni Valérie Létard, qui portera les couleurs centristes, ni Jean-Vincent Placé, d’Europe Ecologie - Les Verts, ne croient pouvoir devenir le deuxième personnage de la République. Mais ils comptent bien porter haut et fort les idées de leurs partis samedi, lors de l’élection à la tête de la Chambre haute.

Valérie Létard

© REUTERS

Valérie Létard - A 48 ans, la toute jeune sénatrice du Nord a annoncé mercredi dernier à l’AFP et à Public Sénat qu’elle briguait le "plateau". L’ex-ministre du gouvernement Fillon, proche de Jean-Louis Borloo, a été désignée "par l'ensemble des composantes du groupe centristes, MoDem, Nouveau Centre, Radicaux, Alliance centriste".

Le but de la manœuvre est de rappeler l’intention du groupe centriste "d'agir de façon libre, autonome et non bi-polaire", a expliqué Valérie Létard. Mais dans les faits, cette candidature va renforcer les chances du président du groupe PS Jean-Pierre Bel d’être élu au "plateau".

05.09 Jean-Vincent Placé. 930620

© MAX PPP

Jean-Vincent Placé - A  43 ans, le tout fraîchement élu sénateur de l’Essonne a créé la surprise vendredi en annonçant sur RTL sa candidature au "plateau". Il avait pourtant déclaré lundi sur BFM-TV qu’une candidature écolo à la présidence du Sénat "aurait peut-être de l'allure mais je ne suis pas sûr que ce soit très efficace". Et il a répété vendredi : "assez naturellement, il est logique que nous votions pour Jean-Pierre Bel, le candidat du parti socialiste".

Jean-Vincent Placé cherche seulement à ce "qu' il y ait de l'écologie au Sénat, que ce ne soit pas que de l'opposition à Nicolas Sarkozy". Les écologistes, qui ont dix élus dans le nouveau Sénat, veulent un groupe autonome du PS avec Jean-Vincent Placé à sa tête. Selon une source écologiste, ils demandent également une vice-présidence du Sénat et une présidence de commission pour, respectivement, les sénateurs EELV Jean Desessard et Marie-Christine Blandin. Ils souhaitent d'ailleurs la création d'une nouvelle commission à l'environnement, l'aménagement et au développement durable et que celle des Affaires étrangères et de la Défense soit séparée en deux.

Mais il pourrait retirer sa candidature à la faveur des négociations avec le PS, notamment sur la création d'un groupe EELV au Sénat. Interrogé par Le Nouvel Observateur, il réclame une sorte "d'accord de gouvernance sénatoriale".

Pas de candidature Tasca

Une troisième "outsider" a failli être aussi en lice : Catherine Tasca. Mais la sénatrice PS des Yvelines s’est bien vite rangée derrière le consensuel Jean-Pierre Bel. Dans un communiqué diffusé mardi, elle a justifié son retrait "par loyauté aux valeurs de la gauche et parce qu'aucune voix ne doit manquer pour la nouvelle majorité". C’est en effet Jean-Pierre Bel qui devrait être élu samedi, sauf énorme surprise. La gauche a obtenu à l'issue des élections sénatoriales de dimanche 177 sièges sur 348, soit la majorité absolue plus deux voix.