Sénat : les gagnants et les perdants du scrutin

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Sénat : les gagnants et les perdants du scrutin
La gauche remporte une victoire historique au Sénat. Aubry et Hollande, candidats à la primaire PS, sont venus applaudir les sénateurs...
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La gauche a remporté la majorité absolue au Sénat, une première dans l'histoire de la Ve République.

A sept mois de la présidentielle de 2012, le signal est fort. Dimanche, la gauche a remporté - pour la première fois dans l'histoire de la Ve République - la majorité absolue au Sénat, avec 177 sièges sur 348. Voici, en détail, les grandes lignes de ce scrutin.

Harlem Désir

© MAXPPP

Forte poussée à gauche - Les élections sénatoriales se traduisent par "une progression historique pour la gauche et une sanction incontestable pour l'UMP", s'est félicité, le premier secrétaire du PS par intérim, Harlem Désir, tandis que Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, saluait également une "double victoire" pour la gauche et les écologistes. L'Elysée et Matignon ont "simplement" pris acte des résultats, "accentuée par les divisions de la majorité", et a appelé au "rassemblement de tous les élus qui se reconnaissent dans les valeurs de la majorité présidentielle", selon François Fillon."Le moment de vérité aura lieu au printemps prochain", a estimé le Premier ministre, pour qui "ce soir, la bataille commence".

Bel, Larcher, Charon, Placé

© MAXPPP

Les gagnants du scrutin - Gérard Longuet, figure de la droite au parcours perturbé par des démêlés judiciaires, a reconquis, dans la Meuse, son siège, qu'il avait abandonné en février lorsqu'il avait été nommé ministre de la Défense. L'ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Pierre Charon, qui présentait une liste UMP dissidente, a été élu à Paris, tout comme la ministre des Sports, Chantal Jouanno. Le président du Sénat sortant, Gérard Larcher a été réélu. Pas de problème non plus pour Serge Dassault, 86 ans, doyen de la Chambre. Du côté de l'opposition, la socialiste Catherine Tasca, ancienne ministre, est réélue. Elle envisage de se présenter à la présidence du "plateau" contre le socialiste Jean-Pierre Bel, proche de François Hollande et déjà président du groupe PS au Sénat. Jean-Vincent Placé, l'homme de l'ombre des Verts, fait également son entrée à la Chambre haute. 

maurice leroy remaniement MAXPPP

© MAXPPP

Les perdants de l'élection - Le ministre centriste de la Ville, Maurice Leroy (notre photo), est battu dans le département du Loire-et-Cher, tout comme l'ex-ministre Yves Jégo en Seine-et-Marne. L'UMP Isabelle Balkany, ancienne conseillère générale, n'obtiendra pas de siège. Jacques Blanc, en Lozère, connaît également sa première défaite en 38 ans de scrutins parlementaires. A gauche, Pierre Laurent, patron du Parti communiste français, échoue également à obtenir un fauteuil. Enfin, les femmes perdent du terrain : elles ne sont que 49 à avoir été élues dimanche. Les hommes représentent 77% de la Chambre.

Bel

© MAXPPP

Rendez-vous le 1er octobre - Il faudra encore patienter jusqu'au "troisième tour" de l'élection, à savoir celle du nouveau président, le 1er octobre, pour désigner le vainqueur. Jean-Pierre Bel (notre photo) et Gérard Larcher devraient notamment se présenter. Mais côté mathématiques, le ministre des Relations avec le Parlement Patrick Ollier a d'ores et déjà estimé que la gauche disposait désormais d'au moins "177 sièges" - soit deux sièges de plus que la majorité absolue à la haute assemblée.