Sénat : le PS marque contre son camp

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Sénat : le PS marque contre son camp
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STRATEGIE - Le PS a sabordé le vote du budget dans la Chambre haute. Pour mieux rebondir.

L’info. Au football, on appelle ça un CSC (contre-son-camp). Mardi soir, les sénateurs socialistes ont contribué à faire rejeter le budget socialiste concocté par un gouvernement socialiste. Point de maladresse ou de fronde naissante pourtant. Si le PS s’est ainsi tiré une balle dans le pied, c’est qu’il est sûr, au final, de remporter la partie.

L’action du match. A la dernière minute, mardi soir, le Parti socialiste a déposé une "question préalable" au débat sur le projet de budget 2013. Cette procédure met fin à tout débat puisque l’adoption de cette question rejette en bloc le texte qu’il concerne. Et adoption il y eut bien, grâce à 177 voix de la gauche sénatoriale, socialistes et communistes compris, contre 169 voix de la droite, qui elle voulait discuter d’un texte qu’elle réprouve. Un peu comme si chaque équipe se ruait vers le but… gardé par son propre gardien. Au final, le PS évite les prolongations.

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"Obstruction", M. l’arbitre. Si le Parti socialiste en est arrivé à cette situation inédite, c’est parce que l’UMP avait joué la carte de l’obstruction parlementaire. Alors même que le Sénat avait rejeté une première fois le budget 2013, "voilà que la droite sénatoriale souhaite par son vote en commission que le Sénat se livre en seconde lecture à un examen détaillé du budget", explique François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon. Le groupe UMP avait déposé une quarantaine d’amendements pour ce nouvel examen. Histoire de gratter du temps de jeu. Le PS en a finalement décidé autrement.

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Un match retour gagné d’avance. Si le PS a accepté de perdre un match, c’est surtout parce qu’il sait avoir compétition gagnée. Largement majoritaire à l’Assemblée, le Parti socialiste sait que le Palais-Bourbon a le dernier mot en toutes choses. Le budget 2013 sera donc bel et bien adopté tel que le souhaite le gouvernement.

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L’UMP plutôt beau joueur. Enervés, les sénateurs UMP ? Amusés, plutôt. Eux qui visaient l’obstruction parlementaire sont cette fois tombés sur plus malin. "Il semble que personne ne veuille de ce budget, après avoir été rejeté par l'UMP, l'UC et le CRC, il le sera aujourd'hui par tous les groupes de gauche", a ironisé Jean-Claude Gaudin, président du groupe UMP au Sénat. "C'est une situation cocasse, du jamais vu" s'est de son côté gaussé l'UMP Albéric de Montgolfier.