Séguin "doit rire de tous ces hommages"

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Séguin "doit rire de tous ces hommages"
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"En réalité, il a fait peur à la classe politique française", a assuré Nicolas Baverez son ancien collaborateur, vendredi sur Europe 1.

Déclarations, communiqués, interventions dans les médias : dès l’annonce de la mort de Philippe Séguin jeudi matin, les hommages se sont multipliés dans la classe politique. "Philippe Séguin, là où il est, doit hausser ses sourcils. Et éclater d’un rire assez tonitruant. Parce qu’en réalité il a fait peur à la classe politique française de gauche et de droite, par son talent et par sa capacité à bousculer les lignes", a réagi vendredi sur Europe 1 Nicolas Baverez. L’économiste, qui a été membre de son cabinet de 1993 à 1995 et l’une de ses plumes, a décrit un homme "toujours inattendu, incontrôlable, libre".

S’il faisait "peur", Philippe Séguin n’en était pas pour autant un "tueur". "Il a eu plusieurs fois l’occasion d’arrêter la carrière politique de Jacques Chirac et à chaque fois il a reculé. Sans Séguin, il n’y a pas de victoire de 1995", a assuré Nicolas Baverez.

Regardez l'intégralité de l'interview de Nicolas Baverez au micro de Jean-Pierre Elkabbach :

Par sa trajectoire personnelle, Philippe Séguin "incarnait toutes les contradictions de la France : il était né à Tunis et il était élu des Vosges", a résumé Nicolas Baverez. "Il vient de la gauche. Il est arrivé dans son camp par le général de Gaulle", a-t-il aussi rappelé. Parmi les autres sources d’inspiration de Philippe Séguin : Camus, "c’est la Méditerranée", et sa mère, "une hussarde de la République" morte il y a quelques semaines seulement.

Président de la cour des comptes, savait-il qu’il risquait de mourir à 66 ans ? "Il a écrit ses mémoires en 2003, très jeune, et il avait raison", a rappelé Nicolas Baverez. "Il y a eu des hauts et des bas vertigineux dans sa carrière et dans sa vie. Il y avait chez lui une espèce de vide désespéré", a-t-il raconté. Mais "il est mort au service de l’Etat, comme Molière sur scène", a conclu Nicolas Baverez.

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