Schengen : Guéant divise l'UE

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Schengen : Guéant divise l'UE
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La proposition de fermeture partielle des frontières prônée par le ministre a été peu soutenue.

Claude Guéant est allé porter la parole du candidat Sarkozy à Luxembourg, où les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne étaient réunis jeudi. Le ministre français leur a présenté sa proposition de renforcement des contrôles nationaux aux frontières des pays signataires des accords de Schengen.

Et notamment la position de la France, qui aimerait pouvoir fermer ses frontières pendant un mois si elle est victime d'une importante vague d'immigration clandestine.

"Les citoyens expriment des préoccupations"

Nicolas Sarkozy, soutenu par Berlin, prône en effet la mise en place d'une gouvernance de chaque pays sur les accords de Schengen organisant la libre circulation et les contrôles aux frontières dans la majorité des 27 pays de l'UE. Une lettre cosignée par la France et l'Allemagne réclame un "mécanisme de compensation pour le cas où un Etat est incapable d'assumer ses obligations au titre de la protection des frontières extérieures de l'UE".

"Nous gouvernons pour des citoyens qui expriment des préoccupations. En France, nos concitoyens sont préoccupés par les questions de migrations irrégulières. Il nous revient d'être attentif à cette attente qu'ils expriment", a justifié le ministre de l'Intérieur au micro d'Europe 1.

"Il nous reste onze mois"

Son discours a recueilli l'adhésion de l'Allemagne, l'Autriche et la Hongrie. En revanche, la Suède et la Belgique, entre autres, se sont opposées à une telle idée. De manière générale, les Etats de l'Union européenne souhaitent un compromis qui donnerait à la Commission un rôle central dans l'autorisation des contrôles aux frontières. Ce que Paris refuse.

Le président-candidat avait même menacé le mois dernier de suspendre la participation de la France à Schengen si des règles communes améliorant les contrôles n'étaient pas adoptées dans un délai d'un an. "Il nous reste onze mois. La présidence danoise de l'UE a espoir de parvenir à un accord politique avant la fin de son mandat" fin juin, a-t-il expliqué, optimiste.

Inscrit à l'ordre du jour du 26 mai

Les ministres étrangers craignent surtout une instrumentalisation française, à dix jours du second tour de l'élection présidentielle. "Les agendas électoraux me semblent plus importants que le fond des dossiers, qui existent depuis très longtemps", sourit Joëlle Milquet, la ministre de l'Intérieur belge.

Cecilia Malmström, la commissaire en charge des Affaires intérieures, a prévenu jeudi que "Schengen est trop important pour être pris en otage par une campagne électorale".



Le sujet demeure en stand-by jusqu'au second tour de l'élection présidentielle. Il reviendra le 26 mai sur la table européenne, inscrit cette fois à l'ordre du jour. Les ministres européens espèrent qu'à ce moment, l'élection française terminée, ils pourront avoir, sereinement, une discussion de fond.