Sarkozy veut "revaloriser" les profs

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Sarkozy veut "revaloriser" les profs
Sarkozy promet des "propositions fortes" sur l'éducation@ REUTERS
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Le président-candidat développera ses propositions pour l’éducation lors d’un meeting à Montpellier.

"Revaloriser" le métier d'enseignant - 'd'urgence" -, est devenu le leitmotiv de Nicolas Sarkozy en matière d'Education. Le président-candidat a prévu de détailler ses idées sur le sujet, mardi en meeting à Montpellier. "J'aurai l'occasion d'y faire des propositions fortes", a-t-il déjà promis avant d'insister : "Il faut plus d'adultes dans l'école, il faut mieux rémunérer les adultes auprès de nos enfants, il faut que les enfants aient des adultes avec qui discuter".

L’ombre du "travailler plus pour gagner plus"

Concrètement en quoi consiste une "revalorisation du métier d'enseignant" ? Lors de ses vœux au monde éducatif en janvier, Nicolas Sarkozy avait esquissé les grandes lignes de son projet. Il avait alors annoncé vouloir réformer l’école "à budget constant", en augmentant les salaires plutôt qu'en créant de nouveaux postes.

En somme, Nicolas Sarkozy souhaiterait que les professeurs passent plus de temps dans les établissements. Le président-candidat remet ainsi son ancien slogan de 2007 "travailler plus pour gagner plus" à la sauce "scolaire". Concrètement, cela se ferait sur une base de volontariat. En plus de leurs 15 ou 18 heures hebdomadaires de cours, ces volontaires resteraient au lycée pour recevoir les élèves et les familles. Il s’agirait, pour eux, d’assurer une sorte de permanence. En contrepartie, ils seraient mieux payés.

Des enseignants peu séduits par les propositions

Reste que 60% des enseignants se disent plutôt opposés à cette proposition. Certains professeurs s'agacent d'ailleurs du présupposé de départ de Nicolas Sarkozy qui voudrait qu'il travaillent actuellement que 15 heures ou 18 heures par semaine. Pour eux, en plus des cours, ils doivent corriger les copies, préparer leurs leçons ou encore rencontrer les parents.

D’autres n’y sont pas forcément réfractaires, mais parlent de problèmes de moyens. C’est le cas de Juliette, professeur d’histoire-géographie dans les Hauts-de-Seine, qu’a rencontré Europe 1. La jeune femme aimerait beaucoup travailler "en bureau avec la porte ouverte pour accueillir les élèves". "Ce serait absolument génial", juge-t-elle, avant d’ajouter avec regrets "mais nous n’avons pas les locaux pour ça".

"Dans mon établissement, nous sommes 90 professeurs. Nous avons une seule salle des profs, dans laquelle il y a quatre ordinateurs et une imprimante. Donc il est pratiquement impossible de travailler là-bas", déplore l’enseignante ajoutant qu’"il est même souvent difficile de trouver une place assise". "C’est aussi pour ça que nous rentrons chez nous travailler", conclut-elle.

Dans l'entourage du candidat de l’UMP, la prudence est de mise. Un des conseillers du président confie que "la dernière chose dont on a besoin, c'est que ce soit interprété comme une façon de remettre les profs au travail".