Sarkozy veut en finir avec "l’Europe de l’impuissance"

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Sarkozy veut en finir avec "l’Europe de l’impuissance"
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A cinq semaines des élections européennes, Nicolas Sarkozy était mardi soir à Nîmes pour lancer la campagne de l’UMP. "Longtemps, nous nous sommes contentés d’une Europe de l’impuissance", a déploré le chef de l’Etat alors que l’Union européenne doit selon lui jouer un rôle moteur dans la sortie de la crise économique.

C’est lors d'une "réunion républicaine" à Nîmes que Nicolas Sarkozy a donné mardi soir le véritable coup d’envoi de la campagne de l’UMP pour les élections européennes du 7 juin prochain. "Longtemps, nous nous sommes contentés d’une Europe de l’impuissance", a regretté le chef de l’Etat. "La crise change la donne. L’Europe doit précéder le mouvement", a insisté Nicolas Sarkozy.

Au cœur de son discours économique : la lutte contre "la concurrence déloyale", que le dumping soit social, fiscal ou environnemental. Sur ce dernier point, Nicolas Sarkozy a de nouveau brandi la menace d’une "taxe carbone" aux frontières. Autres projets avancés par le président de la République : "un comité des régulateurs bancaires" avec de vrais pouvoirs de sanction et une centrale européenne d'achat de gaz pour faire face aux fournisseurs.

Conflit en Géorgie, moralisation du capitalisme, lutte pour l’environnement : sur tous ces sujets, Nicolas Sarkozy a insisté sur le rôle moteur de la France en Europe. Une manière de dénoncer le système de présidence tournante de l’Union européenne. "L’Europe a besoin d’être incarnée", a insisté le président français.

Sur le dossier sensible des frontières de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy a à nouveau dénoncé un "élargissement sans fin". Il a au passage réaffirmé l’importance de l’"héritage de la chrétienté dont nous n’avons pas à nous excuser". Le président français a cependant plaidé pour de nouveaux types de partenariats économiques avec la Turquie mais aussi avec la Russie.

En préambule de son discours, Nicolas Sarkozy avait fait une incursion sur la scène politique française. "L’heure n’est pas au bilan (du quinquennat NDLR), l’heure est à l’action", a-t-il lancé alors que le Parti socialiste présente le scrutin européen comme l’occasion d’un vote sanction contre la politique du gouvernement. Mais peu après, le chef de l’Etat a tout de même assuré : "depuis deux ans, la France a eu le courage de se réformer".

L'UMP comptait sur ce discours pour donner un peu de souffle à sa campagne : bien sûr, la caravane de ses jeunes a entamé son tour de France il y a déjà quinze jours, malgré quelques râtées, et le Premier ministre François Fillon a ouvert son programme de meetings la semaine dernière. Mais le parti de la majorité n'a toujours pas bouclé la composition de ses listes, victime de rivalités locales et du délicat équilibre à trouver avec les partis de sa majorité.