Sarkozy, un mea culpa et une contre-attaque

Invité de l'émission Des paroles et des actes, le chef de l'Etat a tenu à relativiser les sondages qui le donnent toujours à la traîne au premier tour et battu à plate couture au second, à 47 jours du premier tour.
Invité de l'émission Des paroles et des actes, le chef de l'Etat a tenu à relativiser les sondages qui le donnent toujours à la traîne au premier tour et battu à plate couture au second, à 47 jours du premier tour.
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Regrettant quelques écarts durant son mandat, il a fait de nouvelles propositions mardi soir.

Cette intervention télévisée était considérée comme l'une de ses dernières chances d'inverser la tendance des intentions de vote. Nicolas Sarkozy, distancé dans les sondages par son rival socialiste François Hollande, s'est efforcé mardi soir sur France 2 de minimiser son impopularité persistante, et a regretté quelques écarts au cours de son mandat. Le président-candidat a également avancé de nouvelles propositions. En 4 minutes chrono’, Europe1.fr vous résume ce qu'il faut retenir de l'intervention de Nicolas Sarkozy.

REDEMPTION

Le Fouquet's. Interrogé sur son dîner au Fouquet's le soir de sa victoire en 2007, le président-candidat a déclaré qu'il conservait un "souvenir ambivalent" de la soirée, en compagnie notamment de plusieurs hommes d'affaires de ses amis, dans la mesure où le couple qu'il formait alors avec Cecilia Sarkozy était en train d'"exploser". "Je n'ai pas impacté le poids du symbole", a-t-il reconnu.

"Casse toi pauvre'con". Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il n'aurait pas dû répondre agressivement à un pêcheur qui le provoquait lors d'une visite au port du Guilvinec en 2007 ou opposer l'année suivante un "casse toi pov'con !" à un visiteur du Salon de l'Agriculture qui refusait de lui serrer la main. "J'ai fait une erreur (...) quand on m'insulte gratuitement je n'aime pas bien ça, mais président je n'aurais pas dû réagir comme ça."   

L'Epad. Nicolas Sarkozy a dit "ô combien" regretter la tentative de nomination de son fils Jean Sarkozy à la présidence de l'Epad (Etablissement public d'aménagement du quartier d'affaires de La Défense). "Ça lui aurait évité bien des problèmes, bien des polémiques ! (...). "J'ai fait une erreur. Comme ce poste que j'avais exercé n'était pas rémunéré (...) je me suis dit 'Jean peut faire acte de candidature, ça n'a aucune importance'. Je me suis trompé", a-t-il concédé.   

PROPOSITIONS

Impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes. Nicolas Sarkozy a annoncé que s'il est réélu, il créera un "impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes" du CAC 40, dont il attend "2 à 3 milliards d'euros de recettes" annuelles, pour concourir à la réduction des déficits publics. Citant le groupe pétrolier Total, Nicolas Sarkozy a souligné qu'une "entreprise localisée en France doit payer un impôt sur les bénéfices minimum". "Il restera à définir à partir de quand on est un grand groupe", a-t-il observé.

Le RSA soumis à une évaluation. Les efforts d'insertion" des bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) seront "évalués tous les dix-huit mois". Nicolas Sarkozy a confirmé la généralisation des contrats de sept heures d'intérêt général pour les bénéficiaires du RSA qui n'ont aucune activité.

Le nombre d'immigrés accueillis chaque année divisé par deux. Le nombre d'immigrés accueillis chaque année sera divisé par deux, autour de 100.000, au lieu de 180.000 actuellement, a annoncé le président-candidat, soulignant qu'il y a "trop d'étrangers" en France. L'attribution du RSA et du minimum vieillesse pour les étrangers sera conditionnée à une "certaine durée de présence sur le territoire français et de durée d'activité", a-t-il ajouté. Pourront bénéficier du RSA et du minimum vieillesse les immigrés qui auront "résidé 10 ans en France et travaillé 5 ans".

Ecoutez Nicolas Sarkozy sur l'immigration :

Une dose de proportionnelle. Une "dose de proportionnelle" sera introduite aux élections législatives et concernera "10 à 15% des sièges", a indiqué Nicolas Sarkozy. "Je considère qu'il est profondément injuste et profondément anormal que des millions d'électeurs ne soient pas représentés au Parlement", a-t-il expliqué. Le président-candidat a également confirmé son intention de diminuer le nombre de députés. Nicolas Sarkozy a enfin proposé que les parrainages des candidats à l'élection présidentielle ne soient plus apportés par les maires mais par le "peuple", citant "à titre indicatif" une proportion de 3% de l'électorat.  

International. Nicolas Sarkozy a promis de se rendre en Israël et chez les Palestiniens quelques jours après sa victoire, s'il est réélu, et de prendre une "initiative" de la France et de "toute l'Europe" pour faire de 2012 "l'année de la paix" au Proche-orient.

HOLLANDE, "L'HOMME QUI A DU MAL A DIRE NON"

Un compliment. "J'ai avec lui des rapports cordiaux, je le connais bien depuis des années, nous n'avons aucun contentieux, c'est un homme intelligent, je n'ai jamais eu de problème particulier avec lui", a commencé par dire Nicolas Sarkozy au sujet de son rival socialiste François Hollande.

Un tacle. Le président-candidat ne s'est toutefois pas privé de décocher quelques flèches : "la seule chose qui m'étonne, c'est qu'il n'a jamais exercé la moindre responsabilité au niveau de l'Etat. Jamais François Mitterrand ne lui a confié la moindre responsabilité. J'étais étonné que le Parti socialiste confie la responsabilité d'être candidat à un homme qui n'a jamais dirigé, rien". "François Hollande, que je connais bien, est quelqu'un qui a du mal à dire non, qui aime concilier tous les contraires et qui n'aime pas choisir", a conclu le chef de l'Etat.

COMPARAISONS

Lapin Duracell. Nicolas Sarkozy a affirmé mardi qu'il n'avait pas décidé de briguer un nouveau mandat en agissant de manière mécanique, comme "un lapin Duracell" (en allusion à un célèbre spot publicitaire pour une marque de piles mettant en scène un lapin en peluche, NLDR), soulignant que "peut-être qu'à 57 ans on réfléchit un peu plus qu'à 30".

Jamel. Comme on lui projetait les images de ses regrets au sujet du Fouquet's, lors desquels il avait bafouillé sur France 2 il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy a ironisé: "On dirait un peu Jamel Debbouze".