"Sarkozy se voyait président de Radio France et des chaînes de télévision"

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Sur Europe 1, l'ancien dirigeant de l'audiovisuel français, Hervé Bourges, est revenu sur l’interventionnisme des politiques dans les médias.

INTERVIEW

"C'est normal qu'un homme politique veuille s'introduire à la télévision". Sur Europe 1, l'ancien dirigeant de l'audiovisuel français, Hervé Bourges, est revenu sur l’interventionnisme des politiques concernant les médias. A la fois directeur de Radio France Internationale, de TF1 ou encore du CSA, le journaliste a vu défiler les hommes politiques et donc ceux qui cherchaient à se mêler de trop près aux contenus médiatiques.

Laurent Fabius ? "Très interventionniste". Jacques Chirac, Édouard Balladur, Valéry Giscard d'Estaing ou encore Laurent Fabius, tous, selon Hervé Bourges, ont tenté, à un moment donné, de dicter leur conduite aux journalistes. Concernant Laurent Fabius, Hervé Bourges a d'ailleurs livré une petite anecdote sur l'ancien Premier ministre de 1984 à 1986. "Je me souviens d'une fois où il m'a dit : 'Le président souhaite que...' (...) Mais Mitterrand m'avait dit : 'Le jour où quelqu'un vous dit ça, dites lui : 'Que le président s'adresse directement à moi'".

Pierre Mauroy laissait tranquille les journalistes. Hervé Bourges se souvient aussi d'autres hommes politiques qui ne se cachaient pas, comme Nicolas Sarkozy qui "se voyait président de Radio France et des chaînes de télévision". D'après l'ancien dirigeant médiatique, les hommes politiques qui n'ont pas cherché à influencer les journalistes sont rares. "J'en connais un qui n'est jamais intervenu : c'est Pierre Mauroy. (...) Il avait même dit à ses collaborateurs : 'Laissez tranquille les journalistes'".