Sarkozy recadre ses ministres

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Sarkozy recadre ses ministres
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Le président leur a demandé mercredi de se concentrer sur leur travail sans "s’occuper du reste".

Le deuxième conseil des ministres de la rentrée, mercredi, a été l’occasion pour Nicolas Sarkozy de faire une mise au point ferme et claire. Au moment où plusieurs membres du gouvernement ont exprimé leur malaise à propos de la politique menée contre les Roms et plus généralement à propos du tour de vis sécuritaire annoncé cet été, le chef de l’Etat a tenu à ce recadrage.

"Pas d’agitation, pas de fébrilité"

"Le président de la République ne s'est pas adressé individuellement aux ministres. Il a rappelé à l'ensemble des membres du gouvernement qu'ils devaient travailler au service des Français et qu'ils ne devaient pas s'occuper du reste", a déclaré le porte-parole du gouvernement Luc Chatel : "pas d'agitation, pas de fébrilité, mobilisation au service des Français". Le chef de l’Etat les a en outre invités une nouvelle fois à se mobiliser pour la "réforme difficile" des retraites.

Ce recadrage n’arrive pas par hasard. Les vacances présidentielles ont été l’occasion pour certains de faire part de leurs états d’âme. Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Hervé Morin et Bernard Kouchner, et le secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara ont coup sur coup fait part de leurs réserves sur les méthodes employées contre les Roms, les deux derniers indiquant qu'ils avaient même songé un temps à démissionner.

Ambiance pesante

En outre, l'incertitude dans laquelle sont plusieurs ministres sur leur sort avant le remaniement que Nicolas Sarkozy a annoncé pour fin octobre ajoute encore à l’ambiance pour le moins pesante qui domine au gouvernement. La sortie du conseil des ministres a d’ailleurs été éloquente. L’ensemble des participants, mines fermées, a pris soin d’éviter la presse, presse à l'exception du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche qui s'expliquait une fois de plus sur la question des Roms.

Les semaines à venir, avec la rentrée parlementaire, les mouvements sociaux (manifestations samedi et mardi), et enfin le remaniement, s’annoncent tendues pour la majorité.