Sarkozy prend des coups… et en distribue

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Sarkozy prend des coups… et en distribue
Comme le 17 octobre dernier, l’ancien président de la République a été la cible privilégiée de la plupart de ses rivaux.@ Eric FEFERBERG / POOL / AFP
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L’ancien président de la République a été attaqué par plusieurs de ses rivaux lors du deuxième débat de la primaire de la droite jeudi soir. Et il ne s’est pas privé de répliquer. 

Nicolas Sarkozy a semblé moins tendu jeudi soir lors du deuxième débat de la primaire de la droite, que lors de la première soirée. Pourtant, comme le 17 octobre dernier, l’ancien président de la République a été la cible privilégiée de la plupart de ses rivaux. Mais cette fois, il ne s’est pas contenté de répondre. Il a lui-même lancé quelques tacles glissés, devançant les attaques. Et en mettant si possible en avant son expérience, lui qui fut chef de l’Etat entre 2007 et 2012.

A Bruno Le Maire : "Commence par essayer d’être élu"

C’est Bruno Le Maire qui a démarré les hostilités en rappelant la promesse de Nicolas Sarkozy de quitter la politique s’il était battu en 2012. "Certains avaient fait la promesse de ne jamais se représenter s'ils étaient battus", a  attaqué le député de l’Eure, moins emprunté que lors de sa première prestation. "Si j'écoute Bruno, si à chaque fois qu'on est battu on n'a plus le droit de se présenter, je te rappelle : tu as été battu à la présidence de l'UMP" en 2014, a répliqué l’ancien président. " Je dis simplement, Nicolas, qu'avant la candidature de 2012 tu avais dit: 'si je suis battu je ne reviendrai pas en politique’: les mots ont un sens’", a répliqué Bruno Le Maire.

"Si être battu c'était rédhibitoire, François Mitterrand n'aurait jamais été président de la République deux fois et Jacques Chirac non plus. On se serait passé de deux grandes personnalités. Commence d'abord par être élu, tu verras que c'est très difficile !", a ironisé l'ancien président. Mais "Jacques Chirac et François Mitterrand n'ont pas été battus comme présidents sortants, ils ont été battus comme candidats", a rappelé Bruno Le Maire. "Ils ont été battus. Et je te souhaite d'ailleurs que ça t'arrive, parce que c'est la défaite qui fait apprendre des choses", a conclu l’ancien chef de l’Etat.

A NKM : "Si j'avais été réélu en 2012…"

Puis c’est Nathalie Kosciusko-Morizet, elle aussi largement plus offensive que lors du premier débat, qui s’est attirée les foudres de Nicolas Sarkozy, qui n’a pas manqué de rappeler qu’elle avait été ministre quand il était président. "Je te rappelle tu étais numéro quatre du gouvernement", avec le portefeuille de l'Environnement entre 2010 et 2012, a lancé l'ex-chef de l'Etat. "Je ne regrette pas ta nomination", a-t-il assuré. Et ne regrette-t-il pas "le Grenelle de l'environnement?", lui a rétorqué NKM, qui l'a déjà accusé d'avoir renié ses convictions sur l'écologie. "Je ne suis pas sûr de le refaire, mais je ne regrette pas ta nomination", a répété Nicolas Sarkozy "Tu n'auras pas l'occasion!", l'a sèchement coupé l'ancienne ministre dans une allusion à sa possible défaite à la primaire. "Si j'avais été réélu en 2012, je pense que Nathalie se serait fait une violence pour m'accompagner encore", a enfin raillé l’ex-président.

Sur les accords du Touquet : "Tout le monde n’est pas obligé de connaître exactement le dossier"

Au sujet de la crise des migrants, plusieurs candidats ont dénoncé les accords du Touquet, qui place la frontière physique entre la France et l’Angleterre à Calais. Or, lesdits accords ont été signés en 2003 par Nicolas Sarkozy lui-même, quand il était ministre de l’Intérieur. Logiquement,  l’ancien président s’est senti visé et s’est montré particulièrement agacé. "D’abord, ce n’est pas les accords du Touquet, mais les accords de Canterbory, qui ont été renégociés au moment du Toquet mais peu importe tout le monde n’est pas obligé de connaître exactement le dossier", a-t-il lâché.  

Sur la politique étrangère : "vous ne comprenez pas cette situation"

Mais c’est sur la politique étrangère que Nicolas Sarkozy a tenté de mettre le plus en avant son expérience d’ancien président. Alors que ses concurrents ont largement critiqué les relations de la France avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, qu’il avait largement développé quand il était aux affaires, là encore, il a riposté avec force. "Si vous pensez qu’on va régler le drame de l’affrontement entre les sunnites et les chiites en refusant de parler avec l’Arabie Saoudite et Téhéran, c’est que vous ne comprenez pas cette situation", a-t-il lancé. "Si vous croyez qu'on va ramener la paix, autour de la Méditerranée sans avoir l'Arabie saoudite, Téhéran et Moscou avec nous, vous ne connaissez pas ces dossiers. Ce sont des choses que je connais, ça demande beaucoup de temps et de précision."

Réponse cinglante de Jean-François Copé : "Il n’y a pas ceux qui savent et ceux qui sont là pour prendre des cours".

Isolé sur Bayrou

Développant l’un de ses angles favoris depuis quelques semaines, à savoir le soutien de François Bayrou à Alain Juppé, Nicolas Sarkozy s’est heurté à un mur. "C’est un problème politique majeur", a-t-il pourtant insisté, mais sans être suivi, ni par Alain Juppé, ni par les autres candidats. "Je suis très surpris de cette fixation sur le cas de François Bayrou", a répliqué le maire de Bordeaux. "Six millions de chômeurs, 100% de dette, le totalitarisme islamique à nos portes" et le principal sujet de la campagne, "c'est le maire de Pau", s'est indigné François Fillon. "Moi, là, ça fait plusieurs minutes que j'ai décroché du débat sur François Bayrou", a ironisé de son côté Nathalie Kosciusko-Morizet. "Je trouve aberrant que Bayrou ait réussi à devenir le centre de nos discussions", a enfin abondé Jean-François Copé.  

Jugé le plus convaincant… à droite

Encore une fois au centre du jeu, Nicolas Sarkozy reste pourtant encore et toujours derrière Alain Juppé. Car selon un sondage Elabe pour BFMTV, c’est bien l’ancien Premier ministre qui a été jugé le plus convaincant, devançant Nicolas Sarkozy de dix points (34% contre 24%), Petite consolation pour l’ancien président : chez les seuls sympathisants de la droite et du centre, les plus susceptibles d’aller voter à la primaire, c’est lui qui arrive Nicolas Sarkozy arrive en tête (31%) devant Alain Juppé (28%).