Sarkozy, le nouvel "ami" du PS

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Sarkozy, le nouvel "ami" du PS
@ Reuters
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Des ténors de la majorité ont décidé d’attaquer, à nouveau, l’ancien président sur son bilan.

Non, il n’est pas encore officiellement de retour, mais c’est tout comme. A gauche en tout cas, Nicolas Sarkozy est revenu au centre des discussions. En moins de 24 heures, trois ténors de la majorité ont ainsi ressorti de leurs cartons leurs arguments sur le bilan de l’ancien président. Tout sauf un hasard. En panne de résultats, la gauche serait-elle tentée de refaire le coup de l’antisarkozysme, qui lui a permis de ravir l’Elysée le 6 mai 2012 ?

"Nous, on gère la facture Sarkozy, la dette Sarkozy, le passif Sarkozy". Arnaud Montebourg est le premier à avoir dégainé. Après avoir laissé entendre que l’éventuel retour de l’ancien président "l’indiffère un peu", le ministre du Redressement productif a prouvé le contraire : "j'ai une question à poser à Nicolas Sarkozy (...) : comment il fait pour baisser la dette monstrueuse qu'il a laissée aux Français ? (...) Parce que nous, on gère la facture Sarkozy, la dette Sarkozy, le passif Sarkozy", s'est-il exclamé sur France 3 lors de l'émission "12-13 Dimanche". Selon lui, "la présidence Sarkozy (...) y'en a pour 687 milliards d'euros de plus, ça va durer dix ans ce remboursement de la dette Sarkozy".

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Lundi matin, Harlem Désir, très critiqué en interne au PS, a marché dans les pas du ministre. L’angle d’attaque est le même : "les Français n'ont rien oublié de son bilan, ils n’ont pas oublié le million de chômeurs qu'il a laissé, les 600 milliards de dettes, ils n'ont pas oublié le discours de Dakar", a tancé le patron du Parti socialiste sur i>Télé. Jean-François Cambadélis, son meilleur ennemi rue de Solferino, juge quant à lui dans Le Monde que "Nicolas Sarkozy va revenir. Il est revenu." L’heure est venue d’en tenir compte, donc. 

"Agiter l’épouvantail Sarkozy, une facilité". Au lendemain de la victoire de François Hollande, une étude Ipsos a démontré que l’antisarkozysme a pesé très lourd dans la victoire du socialiste : 65% de ses électeurs ont voté pour lui parce qu’il représentait le changement. Face à une droite plus désunie que jamais, la tentation est grande d’attaquer, une nouvelle fois, celui qui pourrait être le principal adversaire de la gauche en 2017. On ne change pas une tactique qui gagne… Avec Nicolas Sarkozy (presque) de retour, la gauche a désormais une cible identifiée dans son viseur. Plus facile pour viser juste…

Plus confortable, mais la tactique sera-t-elle aussi efficace qu’en mai 2012 ? "Agiter l’épouvantail Sarkozy est une facilité. Le PS le faisait avant avec le FN, mais il a perdu cette option depuis que l’électorat populaire est séduit par Le Pen", tempère un politologue joint par Europe1.fr, pour qui la stratégie qui se dessine est à double tranchant : "certains vont s’unir - voire se réconcilier - dans la détestation de Sarkozy. D’autres vont commencer à trouver la ficelle un peu grosse".

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"Les socialistes sont anti-sarkozystes, les Français sont anti-hollandais". Cofondateur de la Droite forte au sein de l’UMP et farouche partisan du retour de l’ancien président, Geoffroy Didier fait partie de ces derniers, et c’est peu de le dire. "Le problème du PS, c’est qu’il est obsédé par le retour de Sarkozy. Lui est au-dessus de la mêlée, les socialistes sont en dessous", a-t-il répliqué, contacté par Europe1.fr. Quant aux attaques du ministre du Redressement productif, le secrétaire général adjoint de l’UMP juge qu’il "ferait mieux de réindustrialiser la France plutôt que de s’en prendre à Sarkozy. Les socialistes sont anti-sarkozystes, les Français sont anti-hollandais, regardez les sondages !"

Et de conclure, dans un sourire : "si la situation économique de la France n’était pas aussi inquiétante, j’en rirais presque".

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