Sarkozy : la burqa n’est "pas la bienvenue"

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Sarkozy : la burqa n’est "pas la bienvenue"
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Nicolas Sarkozy a promis lundi la tenue d'un débat au parlement sur le port de la burqa, signe à ses yeux "d'asservissement de la femme".

Attendu sur le sujet, le chef de l’Etat français s’est prononcé lundi sur la burqa. "Le problème de la burqa n'est pas un problème religieux, c'est un problème de liberté, de dignité de la femme. Ce n'est pas un signe religieux, c'est un signe d'asservissement, c'est un signe d'abaissement", a lancé Nicolas Sarkozy lundi dans son discours devant le Congrès. "Je veux le dire solennellement, elle ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République", a-t-il poursuivi. Il a précisé qu'il tenait à ce qu'un débat ait lieu au parlement.

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur, tenant d'un islam de France modéré, a jugé les déclarations du président "cohérentes avec l'esprit laïque et républicain". De son côté le président du CFCM (Conseil français du culte musulman) Mohammed Moussaoui, qui s'était dit "choqué" par la création d'une commission sur le voile, a dit particulièrement apprécier que Nicolas Sarkozy ait souhaité que "dans la République, la religion musulmane (soit) autant respectée que les autres religions".

André Gerin avait relancé le débat sur le voile intégral jeudi dernier en demandant avec 58 députés la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet. Le député-maire communiste de Vénissieux est aujourd’hui "heureux" de pouvoir engager cette démarche. Il insiste, pour lui ce n’est "pas un problème marginal". Ecoutez-le au micro de Raphaëlle Schapira :


Les avis divergent au sein du gouvernement. La secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, est favorable à l'interdiction du voile intégral. La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, n’est"pas opposée à une loi". Eric Besson, le ministre de l'Immigration, estime de son côté qu’une "loi serait inefficace et créerait des tensions qui n’ont pas lieu d’être en ce moment."

Côté parti socialiste, Martine Aubry, a invité vendredi à éviter les solutions "simplistes. Selon la première secrétaire du PS, une loi n'empêchera pas les femmes de continuer à en porter, et au final, "elles resteront chez elles, on ne les verra plus".

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