Sarkozy : l’emploi et la sécurité, ses priorités

  • A
  • A
Sarkozy : l’emploi et la sécurité, ses priorités
@ REUTERS
Partagez sur :

Le chef de l'État a répondu sur un ton pédagogue aux questions de neuf Français, jeudi soir sur TF1.

Désamorcer les polémiques en cours, de la colère des magistrats aux vacances tunisiennes de François Fillon et de Michèle Alliot-Marie. Rassurer les Français face au chômage et à l’insécurité. C’est ce à quoi s’est employé Nicolas Sarkozy, jeudi soir, dans l’émission Paroles de Français,sur TF1.

Sur la forme, peu d’échanges musclés entre le président et les neuf panélistes sélectionnés par la chaîne privée. On retiendra le "tout à l’heure, vous avez été méprisant " lancé par l’agriculteur Mickaël Poillion au chef de l’Etat. Pour le reste, l’échange, qui a duré plus de deux heures et demie, est resté très courtois et très professoral. Loin, très loin même du dialogue musclé de l’an passé entre le président et Pierre Le Ménahès, un syndicaliste CGT.

Sur le fond, Nicolas Sarkozy a fait peu d’annonces concrètes. Mais a fixé deux "priorités absolues" à son gouvernement en 2011, la lutte contre l’insécurité, un thème cher au chef de l’Etat et l’emploi. Revue de détail.

"Affaires" et justice

Les vacances de Fillon et MAM. Soucieux d’éteindre la polémique en cours, le chef de l’Etat a soufflé le chaud et le froid sur cette question. Il a, d’un côté, déclaré "comprendre" que les vacances de François Fillon en Egypte et de Michèle Alliot-Marie en Tunisie "puissent choquer", tout en prenant le soin de souligner que "pas un centime d'argent public n'avait été détourné" dans cette affaire. Les vacances de MAM sont, au final, plus sévèrement jugées que celles de son Premier ministre : "Ce n'était pas la meilleure idée (de la part de Michèle Alliot-Marie, ndlr) d'aller en Tunisie", mais le séjour en Egypte de François Fillon, invité du président Hosni Moubarak, ne relève pas de la "faute", a-t-il estimé.

La délinquance des mineurs. Nicolas Sarkozy s’est emparé de son sujet de prédilection, cher à son électorat traditionnel, indiquant qu’il s’agissait d’un domaine dans lequel il n’avait pas réussi". Et a, une fois de plus, annoncé une réforme de l’ordonnance de 1945 régissant les mineurs délinquants, avec de "nouvelles mesures" avant l'été. Le chef de l’Etat a laissé entendre que "le tribunal pour enfants" n'était "plus adapté" sans faire part d’un changement précis et a répété deux fois qu"un mineur d'aujourd'hui n'a rien à voir avec ce qu'était un mineur en 1950". Une phrase déjà employée par le passé.

Les magistrats. Nicolas Sarkozy a demandé à son garde des Sceaux, Michel Mercier, d'engager dès vendredi une "consultation très ouverte" sur le "malaise" des magistrats, qui font grève pour exprimer leur colère après les déclarations du chef de l'Etat dans l'affaire Laëtitia. Mais, à part l'insuffisance du nombre de places de prison, dont 5.000 vont être construites dans les prochaines années, le président a contesté tout problème de manque de moyens dans la justice.

Emploi et dépendance

Un plan pour l’emploi. Le chef de l’Etat a annoncé jeudi un "plan" pour encourager l'emploi des chômeurs de longue durée et des jeunes, en lui consacrant 500 millions d'euros supplémentaires. "Nous avons décidé aujourd'hui avec le Premier ministre de rajouter au budget du ministre de l'Emploi un demi-milliard d'euros pour le consacrer sur deux catégories de Français qui ont besoin qu'on les aide: les chômeurs de longue durée" et les jeunes, a déclaré le président. Objectif ? "Faire recevoir dans les trois mois tous les chômeurs de longue durée et de proposer à tous les chômeurs de longue durée soit une formation qualifiante, soit un emploi".

La réforme de la dépendance. Le président a annoncé la création "cet été" d'une cinquième branche de la protection sociale pour financer la dernière grande réforme de son quinquennat, la dépendance, au côté de la maladie, de la retraite, des accidents du travail et de la famille. Sur ce sujet, le président a redit qu’il n’excluait aucune hypothèse sur le financement de cette réforme. "Est-ce que c'est la reprise sur succession pour les familles qui ne s'occupent pas de leurs personnes âgées? Est-ce que c'est un jour férié en moins? Est-ce que c'est la CSG? Nous en parlerons, je ne ferme aucune piste" a-t-il souligné.Réponse cet été.