Sarkozy justifie ses intentions de vote en cas de duel Hollande-Le Pen

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Sarkozy justifie ses intentions de vote en cas de duel Hollande-Le Pen
@ ERIC CABANIS / AFP
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Le candidat à la primaire de la droite et du centre  affirme que ce serait pour lui "une douleur extrême" mais nécessaire de voter pour François Hollande.

Comment défendre la théorie du "ni ni" tout en laissant entendre qu'en cas de second tour opposant Hollande à Le Pen, il voterait pour le premier ? Afin de rassurer ses soutiens les plus circonspects, Nicolas Sarkozy est revenu sur sa déclaration de jeudi dans un entretien publié samedi par Nice Matin

Quand Sarkozy envisage de voter Hollande. "Je n'ai jamais voté pour le FN et je n'ai pas l'intention de le faire", avait-il dit jeudi sur BFM TV, interrogé sur son choix dans une telle hypothèse. Voterait-il pour François Hollande ? "Pas de gaieté de cœur", avait-il lâché sans prononcer le nom de celui qui l'a battu en 2012. "Je pense qu'entre nous et le FN, il y a une barrière infranchissable. Pour eux, l'immigration c'est un problème de principe, pour moi c'est un problème de nombre, c'est pas tout à fait la même chose", avait ajouté l'ancien chef de l'État. Ces propos avait provoqué des réactions très contrastées parmi ses soutiens, nécessitant une explication de texte. 

Un scénario qu'il juge "hautement improbable". Dans un entretien accordé à Nice Matin, Nicolas Sarkozy affirme que ce serait pour lui "une douleur extrême" de devoir voter en faveur du président François Hollande s'il était en duel face à Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle. Soulignant que "ce cas de figure est hautement improbable", l'ancien président de la République assure qu'un tel vote "ne veut pas dire qu'(il) veut le changement du ni-ni en front républicain", contre lequel il a été "toute (sa) vie".

"Je pense que l'alliance entre le parti socialiste et l'opposition crée un espace formidable pour les extrêmes, c'est pour ça que je suis pour le ni-ni aux départementales, aux régionales, et même aux législatives", réaffirme-t-il. "Là, on me parle de l'élection présidentielle: je ne voterai pas Mme le Pen (...) Ensuite, M. Bourdin me demande si cela signifie que je voterai Hollande... Ce serait une douleur extrême !", ajoute Nicolas Sarkozy après avoir déclaré la veille sur BFMTV et RMC qu'en cas de duel entre M. Hollande et la présidente du Front national, il voterait, "pas de gaieté de coeur", pour son successeur à l'Elysée.

"Il y a plusieurs solutions : le vote pour Hollande, l'abstention", précise-t-il à Nice Matin. "Les électeurs feraient ce qu'ils voudraient mais moi, dans tous les cas, je ne voterai pas pour Mme Le Pen. Je ne veux pas de Mme Le Pen à la présidence de la République française. Cela conduirait à l'explosion de l'Europe, à un isolement de la France dont nous n'avons pas besoin", juge-t-il.