Sarkozy fait le plein d'audience

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Sarkozy fait le plein d'audience
Nicolas Sarkozy a rassemblé 11,9 millions de téléspectateurs jeudi soir pour son émission consacrée à la crise économique.@ MaxPPP
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ANALYSE - Il y a "une curiosité animée par la crainte", selon Jérôme Sainte-Marie, de l'institut CSA.

La politique à la télé, ça marche ! Pour preuve, 11,9 millions de téléspectateurs ont suivi jeudi soir l’intervention de Nicolas Sarkozy, diffusée simultanément sur TF1 et France 2. Un score important qui traduit  "une curiosité animée par la crainte", selon Jérôme Sainte-Marie, directeur du département opinion à l’institut CSA. Mais d’autres raisons peuvent également expliquer ce succès d’audience.

"L’objectif était d’écraser l’audience des primaires socialistes"

"Il y a d'abord un aspect mécanique", explique Jérôme Sainte-Marie, joint par Europe1.fr. "Ayant monopolisé deux énormes chaînes, Nicolas Sarkozy et son équipe mettaient toutes les chances de leur côté pour atteindre leur objectif : écraser l'audience des primaires socialistes", analyse-t-il. "L'enjeu politique était net : il s'agissait de mettre fin à cette séquence où seule la gauche parlait de Nicolas Sarkozy alors que le chef de l’Etat lui-même n'apparaissait pas", ajoute cet observateur.

Lors de la primaire à gauche, les débats télévisés avaient été particulièrement suivis, rassemblant le 16 septembre dernier près de 5 millions de téléspectateurs sur France 2. Les débats suivants avaient également rassemblé de nombreux téléspectateurs, permettant à des chaînes comme Public Sénat, LCP ou i-Télé de réaliser des records d'audience.

"Les primaires ont mobilisé un public jeune, urbain et diplômé, issu des catégories moyennes", assure Jérôme Sainte-Marie. "Il est possible que la riposte à la crise politise rapidement des catégories plus populaires", ajoute-t-il.

"Une opinion  doublement préoccupée"

Car la thématique économique, qui suscite de nombreuses interrogations chez les Français, explique aussi la forte audience de l’émission du chef de l’Etat jeudi soir, consacrée à la crise. "On a une opinion doublement préoccupée, par la crise économique elle-même mais aussi par les réponses politiques qui vont y être données, indique le directeur du département opinion à l’institut CSA. Avec cette question en toile de fond : "Qui va subir en premier les conséquences d'un dispositif d'économies?".

Face au succès de ces émissions télévisées, peut-on parler de regain de la politisation en France ? "Il y a toujours un regain d'intérêt pour la politique en période de campagne présidentielle", relativise Jérôme Sainte-Marie. "Mais les primaires ont finalement ouvert le bal beaucoup plus tôt. Et ce qu'on constate habituellement à partir du mois de janvier est apparu au mois de septembre". Et le spécialiste de prévenir : "Il y aura peut-être une éclipse en novembre-décembre".