Sarkozy et la proportionnelle, du déjà vu

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Sarkozy et la proportionnelle, du déjà vu
@ Reuters
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LA POLÉMIQUE - L’opposition y voit un "coup" destiné à draguer le centre et l’extrême droite.

C’est l’annonce surprise du discours de Nicolas Sarkozy à Marseille. Lors de son premier grand meeting de campagne, le président-candidat s’est prononcé dimanche pour l’introduction d’une dose limitée de proportionnelle aux élections législatives. Nicolas Sarkozy a précisé lundi au Parisien qu’il souhaitait instaurer 10% de proportionnelle. Ce qui représenterait un peu moins de 60 députés sur 577.

Cette idée n’est pas nouvelle. Dans l'entre deux tours de la dernière campagne présidentielle, le 29 avril 2007, à Bercy, Nicolas Sarkozy s'était déjà engagé à mettre en place "une dose de proportionnelle".

"Je m’engage, si je suis élu président de la République, à réunir toutes les forces politiques de la Nation, et à discuter avec elles de la possibilité d’introduire un peu de proportionnelle au Sénat ou à l’Assemblée nationale, sans créer le risque d’une instabilité qui serait désastreuse", avait lancé Nicolas Sarkozy.





Sarkozy Bercy Intégral 29 Avril 2007par Carobio2007









Une proposition restée lettre morte pendant le quinquennat. Pire, Nicolas Sarkozy est accusé par le PS d’avoir au contraire refusé d’instaurer une dose de proportionnelle à l’Assemblée lors de la réforme constitutionnelle de 2008. "Il y a, dans cette proposition, des dimensions uniquement électoralistes", estime Bruno Le Roux, porte-parole de François Hollande, au micro d’Europe 1.

Le FN et le MoDem dénoncent "un coup politique"

Un "coup politique" également dénoncé par le FN et le MoDem. François Bayrou a qualifié de "nouveau leurre" la proposition de Nicolas Sarkozy d'instaurer "à la marge" une dose de proportionnelle dans le mode d'élection des députés. "L'idée de proportionnelle, c'est-à-dire d'un scrutin juste, qui respecte équitablement tous les grands courants de la vie politique, est incompatible avec l'expression "à la marge". La charité de quelques sièges, merci beaucoup", a répondu laconiquement Bayrou. La présidente du FBN, Marine Le Pen, a, elle fustigé un Nicolas Sarkozy "multirécidiviste en matière de promesses non tenues".

A l’UMP, la proposition de Nicolas Sarkozy est loin de faire l’unanimité. Le patron du parti majoritaire, Jean-François Copé et le premier ministre François Fillon ont toujours défendu  l’idée qu’il ne fallait pas toucher au mode de scrutin majoritaire. Mais, en coulisses, depuis quelques semaines, le président-candidat avait préparé ses troupes à cette annonce.