Sarkozy en 2012, plus une évidence

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Sarkozy en 2012, plus une évidence
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La défaite électorale et des sondages négatifs questionnent sa légitimé à briguer un 2nd mandat.

Il y a quelques semaines, personne à droite n’osait contester la légitimité de Nicolas Sarkozy à se présenter en 2012 à sa propre succession. Depuis, la lourde défaite aux élections régionales et des sondages défavorables au chef de l’Etat ont clairement changé la donne.

Une enquête de BVA publiée la semaine dernière, indique que le premier ministre François Fillon, a la préférence des Français : 43% contre 29% au président de la République pour représenter l'UMP lors de l'échéance suprême. Une étude Ipsos réalisée avant le second tour a enfoncé le clou : 58% des Français ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy brigue un second mandat contre 33% d'un avis contraire.

"La question ne se pose plus"

Du coup, les langues se délient. "Ceux qui comme moi souhaitent une victoire de la droite aux prochaines présidentielles, peuvent légitimement se demander si Nicolas Sarkozy est le meilleur candidat de la droite pour 2012 ou si au contraire une autre alternative doit être recherchée s'interroge ainsi le sénateur de la Moselle, Jean-Louis Masson (DVD).

Pour Nicolas Dupont-Aignan, connu pour ses positions hostiles au chef de l'Etat, il ne fait aucun doute que Nicolas Sarkozy est disqualifié pour la prochaine présidentielle. "La question de savoir si le président de la République peut encore conduire sa famille politique à la victoire en 2012 ne se pose même plus", a jugé le président de Debout la république.

Les ambitieux ne manquent pas

La suprématie de Nicolas Sarkozy sur sa famille a été largement écornée, estime le politologue Stéphane Rozès. "On est dans une remise en question de la façon dont il exerce son leadership" après ce vote de "défiance", analyse le président de Cap (Conseils, analyses, perspectives). "On rentre dans une période où ce qui paraissait totalement acquis, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas de challenger à droite, peut commencer à exister", enchérit le directeur général d'Ipsos Jean-François Doridot, qui relève que "plus d'un quart des électeurs" de Nicolas Sarkozy en 2007 "ne souhaitent pas qu'il se représente", ce qui peut "réveiller un certain nombre d'ambitions".

Et des ambitieux, la droite n’en manque pas. Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, n'a pas attendu pour faire état de son rêve élyséen. Autre concurrent possible: l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin qui doit annoncer jeudi la création d'un mouvement, et ennemi intime du chef de l’Etat. Alain Juppé fait également figure de présidentiable potentiel. Selon un sondage CSA/Europe1-Le Parisien–Aujourd’hui en France publié dimanche, les Français placent Dominique de Villepin en tête de leurs candidats favoris pour représenter l'UMP avec 16% des résultats exprimés, devant Nicolas Sarkozy (14%) et François Fillon (13%). Selon un sondage

Face à cette concurrence en puissance, Nicolas Sarkozy doit annoncer fin 2011 ses intentions. Le chef de l’Etat a donc encore 18 mois environ pour clarifier la situation.