Sarkozy écarte aussi le "front républicain"

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Sarkozy écarte aussi le "front républicain"
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Le président n’appelle pas à voter PS pour battre le FN. Une position qui ne fait pas l'unanimité.

Le "front républicain", pomme de discorde dans la majorité ? C’est en tous cas ce qui ressort du premier tour des élections cantonales, dimanche. Alors que l’UMP n’a obtenu que 17% des suffrages, juste devant le Front national, à 15%, son patron Jean-François Copé n’appelle pas à voter à gauche pour faire barrage à l’extrême-droite, tout en menaçant les candidats qui seraient tentés de s’allier au parti de Marine Le Pen.

Le "ni, ni", c'est également la stratégie défendue par Nicolas Sarkozy qui est intervenu en "arbitre" lundi. Le chef de l'Etat a confirmé devant l'état-major de l'UMP la consigne pour le second tour des cantonales consistant à dire "ni vote FN ni PS". Reste que ce mot d’ordre qui manque de clarté, alors que du côté du Parti socialiste, on appelle très clairement à un "front républicain" contre l’extrême droite. Un enjeu important car, dimanche, le Front national sera présent en duel au second tour des cantonales dans 399 cantons, opposé dans la majorité des cas (204) au Parti socialiste.

"Le front républicain n’est pas la bonne réponse"

Appeler à voter à gauche serait-il un tabou à l’UMP ? Les propos de François Baroin, lundi matin sur Canal Plus, semblent en attester. Comme Jean-François Copé, le ministre a appelé à faire barrage au Front national, tout en refusant la moindre "union" avec le Parti socialiste. "Le front républicain n'est pas la bonne réponse", a-t-il martelé. "Nous devons les combattre politiquement mais sans union" avec le PS.

Le secrétaire d'Etat aux PME et au Tourisme, Frédéric Lefebvre, est beaucoup plus direct. "On veut nous amener à faire un cadeau au Front national qui serait d'annoncer un front républicain", estime-t-il. Le ton était tout aussi ferme pour Christian Jacob, sur LCI, qui a dit ne pas avoir envie de "faire la campagne du PS quand on voit la manière dont (il) gère les collectivités, l'agressivité, la violence envers Nicolas Sarkozy".

De son côté, Nadine Morano a préféré insister sur la liberté des électeurs, lundi matin sur Europe 1 : "chacun est responsable. Nous ne sommes pas propriétaires des voix des électeurs (…) C’est aux électeurs de décider. Ils peuvent voter blanc, s’abstenir, ou voter le candidat socialiste. Appeler à voter, au niveau national, pour le PS, je dis non".

Radicaux et centristes, voix discordantes

Avant-même le premier tour des cantonales, Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciuszko-Morizet avaient anticipé une débâcle de l’UMP et une poussée du FN, et imaginé qu’il faudrait appeler à voter à gauche. Mais la ministre de l’Ecologie avait vite été renvoyée dans ses cordes par son camp.

Rebelote dès dimanche soir, sur Europe 1, lorsque Valérie Pécresse a évoqué un soutien aux candidats PS. "Moi, je considère que le PS, ça n'est pas mes idées, mais le FN ça n'est pas mes valeurs", a-t-elle assuré. "Si je me retrouve dans une situation avec un canton où il y a un candidat du FN face à un candidat de gauche modérée, je prends mes responsabilités et je fais battre le candidat du FN", a poursuivi la ministre de l'Enseignement supérieur.

Un avis partagé par les radicaux, qui dès dimanche soir appelaient à "faire barrage au Front national", à travers la voix de Jean-Louis Borloo. Laurent Hénart a précisé son point de vue sur Europe 1. "Pour faire barrage au FN, il faut voter pour le candidat qui est le mieux placé ou le seul placé pour lui faire barrage, qu’il soit UMP, Vert, centriste ou socialiste peu importe. Il faut qu’on ait ensemble ce sursaut", a-t-il demandé.

Au Nouveau Centre, on appelle aussi au front républicain. "Jean-Christophe Lagarde, son président exécutif, a appelé lundi tous les électeurs "attachés aux valeurs de la République" à voter pour "le candidat démocrate restant en lice" dans les duels de deuxième tour face au FN aux cantonales.

Copé et bientôt Fillon obligé de préciser

Accusé d’"irresponsabilité" par les ténors socialistes, et contredit dans ses troupes, Jean-François Copé a été forcé de rectifier le tir lundi matin, et de préciser ses consignes. Il a affirmé n'avoir jamais "interdit de voter pour le PS", insistant sur la "liberté de choix" des électeurs de droite.

"Nous ne voterons jamais pour le Front national", a-t-il répété au micro de RTL. "De la même manière, pas question de préconiser un vote pour un front républicain car c'est un vote pour le PS", a-t-il dit. "La gauche et la droite, ce n'est pas pareil (...). Je ne vois pas pourquoi on appellerait à voter de façon systématique pour le PS", a-t-il insisté.

Pourtant, l'UMP risque bien d'avoir besoin des voix socialistes pour battre le FN dans plusieurs cantons, y compris dans le département de Jean-François Copé. Mais pas question de soutenir le point de vue de Valérie Pécresse. "Elle a dit cela à titre personnel", a-t-il commenté. Englué dans cette stratégie du "ni, ni", l'UMP et le gouvernement devraient clarifier leur position, notamment par la voix de François Fillon qui devrait rappeler les valeurs de la droite parlementaire.