Sarkozy, de Toulon à Toulon

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Sarkozy, de Toulon à Toulon
Sarkozy de retour à Toulon pour parler crise et Europe@ REUTERS
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Trois ans après, le président est de retour dans la ville pour prononcer un autre "grand" discours sur la crise.

Pareil. La même ville : Toulon. Le même sujet : la crise économique. La même plume : Henri Guaino. Pour finir l’année sur un acte fort, Nicolas Sarkozy prononcera, jeudi, un nouveau discours de Toulon sur la crise et l'avenir de l'Europe.

Ce discours, pour lequel le chef de l’Etat a longuement consulté à l’Elysée, interviendra dans un contexte européen difficile. La France peine, en effet, à convaincre l’Allemagne du bien-fondé de ses propositions de modification des Traités de l’Union, notamment en ce qui concerne la Banque centrale européenne.

Pour présenter ces réformes, Hernri Guaino a donc planché sur un texte "mémorable" et "visionnaire", assure l’Elysée, selon les informations du Buzz Politique de Thierry Guerrier. Un texte fort, "qui fera date".        

Toulon I, un discours interventionniste 

Qui fera date, comme le premier discours de Toulon. Il y a un précédent. En 25 septembre 2008, au plus fort de la crise des subprimes, au moment où la banque Lehman Brothers plongeait dans la faillite, Nicolas Sarkozy avait présenté ses mesures en direct de la ville.

"Si j'ai voulu m'adresser ce soir aux Français, c'est parce que la situation de notre pays l'exige", la France fait face à "une crise de confiance sans précédent qui ébranle l'économie mondiale" et "dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise n’est pas finie", assurait alors le président dans ce discours dont le propos pourrait être repris à l’identique aujourd’hui.

Et le risque est bien là pour le président : le parallèle est presque trop évident. Les Français pourront facilement se dire "depuis le premier discours de Toulon, rien n’a changé. On a déjà entendu cette histoire", analyse pour Europe1.fr Gaël Sliman, directeur du pôle Opinion de BVA. "Les Français risquent de penser : ‘on a déjà entendu ce discours, le libéralisme à tout crin, c’est fini’".

Refaire sa cote de popularité 

Reste que si Nicolas Sarkozy se laisse tenter par un second discours de Toulon, c’est que le premier, très interventionniste, avait particulièrement bien fonctionné. "En 2008, le discours de Toulon avait été une réussite. Un discours ne change pas à lui seul l’opinion. Mais toute une séquence oui : à l’époque, Nicolas Sarkozy avait pris 12 points dans les sondages, grâce à la crise !", ajoute le sondeur.

Parler "destin de l'Europe" pourrait également être un bon moyen pour Nicolas Sarkozy de "refaire son retard" dans les sondages, par rapport à son rival socialiste François Hollande, qui apparaître alors comme relégué à des tâches bien subalternes : régler les bisbilles entre son parti avec Les Verts.