Sarkothon : le don (pas désintéressé) d'un élu PS

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Sarkothon : le don (pas désintéressé) d'un élu PS
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En contrepartie, Christian Bourquin demande à l'UMP de ne pas faire alliance avec le FN.

L'INFO. Nicolas Sarkozy adressera t-il un petit mot de remerciement au sénateur PS Christian Bourquin ? Le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon fait en effet partie des nombreux donateurs de l'UMP, qui est parvenu à collecter 8,3 millions d'euros sur les 11 millions d'euros consécutifs à l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy. L'élu socialiste a annoncé lundi avoir envoyé un chèque de 150 euros à l'UMP. Non sans demander une certaine contrepartie.

Au nom du "pluralisme démocratique". Dans un courrier adressé à Jean-François Copé, l'élu socialiste invoque d'abord "la défense du pluralisme démocratique" pour expliquer son coup de pouce financier à l'UMP. "Je sais que dans les mois qui viennent s'ouvrent des périodes électorales de la première importance pour notre pays et nos concitoyens. Pour que ce débat ait lieu, la famille politique que vous représentez doit pouvoir compter sur un parti financièrement en ordre. Telle est la raison de mon geste", assure le sénateur PS dans sa lettre, qui refuse que le Front national devienne "la seule famille politique en capacité à s’opposer à la gauche". "J'ai agi en total esprit républicain", résume t-il au micro d'Europe 1.

Donnant-donnant. Mais le don de Christian Bourquin n'est pas complètement désintéressé. L'élu socialiste espère en effet que l'UMP fera à son tour preuve d'esprit républicain, lors des municipales de 2014, en évitant des accords locaux avec le FN ou en cas de duel PS-FN au second tour. "Je compte sur votre esprit républicain autant que vous pouvez aujourd'hui compter sur le mien", conclut le sénateur socialiste dans son courrier.

midi libre

Des souvenirs cuisants. Celui qui a été parrainé en politique par George Frêche a des raisons de s'inquiéter, à moins d'un an des municipales. Pour rappel, en 1998, l'UDF Jacques Blanc avait fait alliance avec le Front national pour conserver la présidence de la région Languedoc-Rousillon , alors qu'il disposait de moins d'élus que le PS. George Frêche a dû souvent relater cet amer souvenir à Christian Bourquin. Rappelons aussi que le parti d'extrême droite est bien implanté dans l'un des départements du Languedoc-Roussillon, le Gard. Marine Le Pen y est en effet arrivé en tête lors  de la dernière présidentielle avec 25,51% des voix, contre 24,86% pour Nicolas Sarkozy et 24,11% pour François Hollande.

Désir tacle Bourquin. Harlem Désir a regretté mardi ce coup de pouce, estimant qu'il "aurait pu garder son chèque pour financer ses oeuvres dans sa région". Le premier secrétaire du PS ne met pas en doute "la démarche d'un démocrate sincère", mais "il faut d'abord aider son camp", estime t-il.