Budget 2018 : "un bouclier fiscal quatre fois plus épais que celui de Sarkozy", juge Sapin

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L’ex-ministre de l’Economie estime que le premier budget préparé par l’exécutif reprend "la théorie Reagan-Thatcher". "On est vraiment dans le monde ancien", a-t-il lancé lundi sur Europe 1. 

INTERVIEW

Michel Sapin ne jette pas un regard bienveillant sur le Budget 2018, qui sera présenté en Conseil des ministres. Il s’agit de la première loi de finances du couple Emmanuel Macron-Edouard Philippe et pour l’ancien ministre de l’Economie, pas de doute, elle est bien marquée à droite. Il a fait le parallèle avec le bouclier fiscal, mis en place par Nicolas Sarkozy en 2007 et qui avait été tant décrié par la gauche. "Le bouclier fiscal d’aujourd’hui, il est quatre fois plus épais que le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy", a jugé Michel Sapin, invité lundi de Patrick Cohen à 8h15 dans Europe Matin.

"Le nouveau bouclier fiscal, c'est 5 milliards". "Les seuls éléments nouveaux, en dehors de la taxe d’habitation, c’est d’abord les 3,5 milliards de baisse de l’ISF, par suppression de tout paiement sur les fortunes financières, c’est-à-dire les très grandes fortunes en France. La deuxième chose, c’est ce qu’on appelle prélèvement forfaitaire unique. Sur le revenu de ces mêmes capitaux, on va payer 30% de prélèvements, là où aujourd’hui on en payait 60", a détaillé Michel Sapin. " Est-ce qu’on se souvient de combien a pesé en termes d’allègement d’impôt le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy ? 1,2 milliard d’euros. Aujourd’hui, le nouveau bouclier fiscal, c’est 3,5 milliards d’ISF de moins, plus 1,5 milliard d’impôt sur le revenu de moins : soit 5 milliards. Quatre fois plus", a calculé l’ancien ministre de l’Economie.  

"La théorie Reagan-Thatcher". "C’est le grand raisonnement que l’on connaît depuis très longtemps, ce n’est pas le monde nouveau qui apporte ce raisonnement, qu’on appelle le raisonnement du ruissellement : en donnant aux plus riches, ça va finir par retomber, quelques gouttes, sur les plus pauvres", a poursuivi l’ex-ministre. "C’est la théorie Reagan-Thatcher, et là, on est vraiment dans le monde ancien", a-t-il insisté, alors qu’Emmanuel Macron et ses partisans revendiquent d’être entré dans "un monde nouveau" économiquement parlant. Une politique "dont on n’a pas vu les effets du point de vue économique, mais dont on a vu les effets du point de vue des inégalités. C’est une politique qui creuse les inégalités", a conclu Michel Sapin. 

"Est-ce que la croissance va être supérieure à ce que j'avais prévu ? Oui". Quant aux critiques sur les efforts demandés aux Français à cause des insuffisances du quinquennat précédent, Michel Sapin les balaye. "Est-ce que la croissance va être supérieure à ce que j’avais prévue ? La réponse est oui. J’avais dit 1,5% et à l’époque, la cour des comptes la première avait dit ‘ouh là là, c’est une proposition optimiste’, peut-être aurait-elle pensé  ‘insincère’. On est à 1,7% de croissance", relève l’ancien ministre. "Non pas grâce à la croissance du dernier semestre, mais grâce à la croissance du premier semestre, celle qui est évidemment la conséquence des décisions qui avaient été prise  auparavant."

>> Retrouvez l'intégralité de l'interview de Michel Sapin :