Des "Hollande démission" scandés au Salon de l'agriculture

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Des "Hollande démission" scandés au Salon de l'agriculture
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La visite est des plus chahutées pour le président de la République. Une bouse de vache a même été lancée dans sa direction.

L'ESSENTIEL

Il ne s’attendait certainement pas être accueilli avec des roses, mais tout de même. François Hollande a inauguré le salon de l’Agriculture, samedi, avant même les visiteurs. Arrivé vers 6h45, il s’est largement fait hué et sifflé une heure plus tard.

Les trois infos à retenir

Le chef de l'Etat accueilli par des huées : "Hollande démission"

Le stand du ministère saccagé, des manifestants interpellés

Hollande tente de dédramatiser la situation

"Hollande démission". Vers 8h, le président de la République est violemment pris à partie dans une allée. Sifflé, hué, le cortège de François Hollande avance au milieu d’agriculteurs énervés.  Certains lui tournent le dos, d’autres l’accusent de les "laisser tomber" ou scandent "Hollande démission". Une bouse de vache est même lancée en direction du cortège. François Hollande tente néanmoins de dialoguer. "La colère, je l'entends, je la comprends" explique-t-il.

Le stand du ministère démonté par des manifestants. Un peu plus tard, vers 9h30, des manifestants de la FNSEA démontent le stand du ministère de l'Agriculture. Des CRS interviennent pour maîtriser les manifestants. Le président François Hollande n'était alors plus présent. Certains manifestants ont le nez en sang. Cinq d’entre-eux sont ensuite appréhendés mais devraient "être libérés sans poursuites", a assuré Damien Greffin, président de la FNSEA. "On peut entendre la colère. La violence, les dégradations matérielles, non", a réagi l'entourage du président, après ces heurts.

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La réplique de François Hollande. Le président de la République s'est exprimé peu après les incidents qui l'ont bousculé : "Il ne faut pas confondre toutes les colères. Là, il y a une production, des éleveurs qui sont, non pas en difficulté, mais pour certains d'entre eux au bord de la disparition. Par ailleurs, il y a des réformes qu'il faut faire. Mon rôle, c'est de trouver le bon équilibre, de faire avancer la France et de ne jamais être dans l'idée que le mieux à faire, c'est de ne rien faire", a-t-il insisté, sans citer le projet de loi El Khomri dénoncé par les syndicats et une partie de la gauche.

Siffler le président de la République "n'est pas acceptable". Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a fermement condamné les attaques verbales dont François Hollande a été la cible. "Siffler le président de la République, pour moi, ce n'est pas acceptable. En même temps on était parfaitement conscient qu'à l'occasion de l'inauguration de ce salon, un certain nombre d'agriculteurs, d'éleveurs en particulier, allaient souhaiter exprimer la colère qu'ils ressentent", a-t-il déclaré devant la presse, à l'issue de la visite du chef de l’Etat.

Dimanche dernier, Stéphane Le Foll, pas très apprécié des Français, avait lui aussi été pris à partie par des agriculteurs mais… chez lui.