Royal et la stratégie du retour

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Royal et la stratégie du retour
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ZOOM - Ses troupes martèlent la nécessité de la voir entrer au gouvernement. Elle n’est pas en reste.

Si elle pouvait se raser, Ségolène Royal y penserait certainement chaque les matins. Après une longue cure de silence médiatique pour encaisser sa défaite aux législatives, la « Dame du Poitou » souhaite revenir au premier plan. Et elle le fait savoir avec insistance.

Parler pour occuper le terrain. Depuis deux semaines, elle ne cesse de distiller des indices sur son envie d’"intégrer le dispositif", une expression qu’elle martèle comme un leitmotiv. Et si "l’ex", comme on l’appelle à l'Elysée, se refuse à dire explicitement qu’elle rêve d’un maroquin, elle ne dément jamais l’ambition qui lui est prêtée par les médias. Tout juste glissait-t-elle, mi-décembre à Europe 1, qu’elle "n’est pas pressée".

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En attendant, elle se prépare et file la métaphore pour justifier sa position de recours : "quand on est en politique, on ne s'interdit rien […]. C'est comme dans une équipe : quand on est sur le bord de touche, on peut entrer sur le terrain. Si une possibilité s'ouvre à moi…", admettait-elle la semaine dernière en marge de la présentation de son budget en Poitou-Charentes. "Sego" la sportive ronge donc son frein sur le banc et attend que le match se durcisse pour faire son entrée en jeu. Les hésitations du gouvernement pourraient lui faciliter la tâche.

Faire parler pour se crédibiliser. Ses troupes sont au garde-à-vous. Isolée au sein du Parti socialiste où, doux euphémisme, elle compte plus d’ennemis que d’amis, Ségolène Royal compte néanmoins des soutiens fidèles. Ces derniers ont décidé de monter au front pour réclamer le retour de leur championne. Guillaume Garot fait partie de ceux là. Le ministre délégué à l'Agroalimentaire a commencé son lobbying en août dernier en assurant qu’"il n'y aura pas de réussite du quinquennat sans Ségolène Royal". Il en remet une couche en cette fin d’année en parlant, lundi sur RMC-BFMTV,  d’"une femme d’Etat de grande expérience politique et nous devons faire en sorte que chacun puisse trouver sa place dans ce dispositif. C'est à François Hollande et Jean-Marc Ayrault de trouver la place et le moment avec Ségolène Royal. Mais les choses se feront naturellement".

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Le même jour - hasard ou coïncidence… - Dominique Bertinotti, ministre déléguée chargée de la Famille et fidèle de Ségolène Royal, a estimé sur France Inter qu’il fallait que la présidente PS de Poitou-Charente "retrouve une place importante". Pour la ministre, "sa voix est indispensable; c’est une voix spécifique, une voix qui s’adresse aux classes populaires, une voix pleine de volontarisme". Et pour ceux qui n’auraient pas encore compris : "pour que la gauche réussisse, on a besoin de tous les talents et Ségolène Royal fait partie de ces talents." Il y a quelques semaines, interrogée sur une possible entrée de Ségolène Royal au gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, ministre du Droit des femmes, porte-parole du gouvernement  et surtout très proche de Ségolène Royal qu’elle considère comme son mentor en politique, avait été on ne peut plus clair : "bien sûr."

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Ecrire, réunir, téléphoner. Pour coordonner le lobbying de ses plus fidèles lieutenants, Ségolène Royal réunit une trentaine d’entre eux autour d’un dîner, une fois par mois, selon Le Journal du Dimanche. L’hebdo dominical croit également savoir qu’un conseil politique plus restreint - les ministres cités plus haut - se réunit plus régulièrement encore. Et histoire de se rappeler encore un peu plus au bon souvenir des 17 millions de Français qui ont voté pour elle en 2007, Ségolène Royal va également publier un livre, qui sortira le 6 mars 2012 : "Ce que je dois".

L’ancienne ministre de l’Ecologie de François Mitterrand a, outre son indéniable expérience politique et son lien avec les classes populaires, un autre atout de poids dans sa manche : le père de ses enfants est président de la République... Et si elle ne manque pas une occasion d’égratigner le gouvernement en place, elle téléphone régulièrement à François Hollande.